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Les principes de la permaculture

Voici, ENFIN, un article qui vous parlera du contenu de la permaculture.

Il est inspiré du travail de David Holmgren, l’un des deux fondateurs de la permaculture. Les principes de la permaculture apportent des règles de conception et d’adaptation de systèmes écologiques humains. Ils s’appliquent à notre réorganisation personnelle, économique, sociale et politique, comme illustré par la fleur de la permaculture.

Bottom up : du local au global

Les six premiers principes considèrent les systèmes selon une perspective ascendante, partant des éléments, des organismes et des individus. Ainsi, la construction du système dépend de son contexte local (moyens humains, matériels, économique, financiers etc.) à caractériser pour ensuite mettre en place un système adapté.

1       Observer et interagir : « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde »

L’observation du site et de son écosystème naturel permet de détecter les structures et les fonctionnements présents initialement.  Elle fournit l’inspiration, le répertoire de solutions et les motifs géométriques qui pourront être utilisés lors de la conception d’un nouvel écosystème comestible adapté au contexte local.

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2      Collecter et stocker l’énergie : « Faites les foins tant qu’il fait beau »

Le proverbe « Faites les foins tant qu’il fait beau » nous rappelle que les périodes d’abondances sont saisonnières.  Après avoir détecté l’ensemble des ressources renouvelables du site, il est important de mettre en place des stratégies pour les collecter et les stocker. Ainsi, nous pourrons les utiliser pendant les périodes fastes. Ces ressources sont l’énergie solaire, éolien, et les eaux de ruissellement. Cela concerne aussi l’ensemble des énergies vivantes du site (dont les arbres pour le bois et autres végétaux pour l’alimentation).IMG_4367

3      Créer une production : « On ne peut pas travailler l’estomac vide »

Ce point nous rappelle qu’il ne faut pas seulement penser le long terme. La transition vers un système durable doit se faire progressivement. Elle doit permettre d’obtenir continuellement une production optimale pour entretenir le système pour ensuite l’améliorer. IMG_2906

4      Appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction : « Les fautes des pères rejailliront sur les enfants jusqu’à la septième génération »

La conception permaculturelle cherche à optimiser la productivité des écosystèmes tout en minimisant les intrants inutiles (temps et pénibilité de travail, argent investi) afin de gagner en autonomie et en polyvalence. C’est pourquoi la permaculture incite la conception de systèmes qui s’autorégulent.

Ce principe ne s’applique pas seulement au système à concevoir, elle concerne aussi les personnes qui créent. Les concepteurs doivent savoir poser des limites à leur conception, mettre en place des systèmes simples avec des moyens modestes. Ils doivent être sensibles aux impacts et aux conséquences de la conception sur l’environnement naturel et humain. Ces rétroactions peuvent très bien être positives. Par exemple, nous observons une augmentation du rendement d’une culture lorsque nous mettons un bon compost. Une rétroaction peut aussi être négative. Nous avons mis trop de fumier et la culture est devenue sensible aux maladies. Ces deux exemples nous montrent qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises pratiques, il s’agit plutôt de trouver l’équilibre optimal entre productivité et sécurité. L’anticipation fait partie des qualités de la personne qui conçoit. Elle lui permet d’éviter des erreurs potentielles et donc de ne pas perdre du temps à les corriger. Bien entendu, la conception parfaite n’existe pas et il faut savoir accepter et apprendre de ses erreurs.

5       Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables : « Laissons faire la nature »

La conception permaculturelle doit rechercher la meilleure utilisation possible des ressources naturelles renouvelables pour créer une production puis la maintenir, même s’il est parfois nécessaire d’utiliser certaines ressources non-renouvelables pour établir les systèmes au départ.

Les services renouvelables (ou fonctions passives) sont ceux fournis par l’écosystème (plantes, animaux, sol et l’eau) sans qu’ils soient consommés. Par exemple, l’arbre nous offre du bois (ressource) et de l’ombre ou un abri (service). La permaculture généralise ce principe à tous les composants d’un écosystème. Ainsi, elle se sert de l’activité spontanée des plantes et des animaux pour les intégrer à la gestion du système créé. Par exemple, les fermes en permaculture utilisent des cochons ou des poules pour préparer le sol avant de planter (ces animaux grattent, mangent les mauvais-herbes et les insectes, et fertilisent le sol par la même occasion), évitant ainsi le recours au tracteur ou au motoculteur, aux pesticides et aux engrais chimiques. Ainsi, nous pouvons utiliser les animaux de façon sophistiquée pour remplir de multiples fonctions.

Il s’agit d’utiliser les services naturels inépuisables et les possibilités harmonieuses d’interaction entre les humains et la nature pour optimiser la production en minimisant le travail et les dépenses énergétiques inutiles. La domestication des animaux d’élevage (cheval, vache etc.) et leur emploi pour le transport, le labour et une multitude d’autres activités demandant de l’énergie exprime le mieux ce principe.

Le proverbe « Laissons faire la nature » nous rappelle un autre aspect de ce principe : la quête de la maîtrise totale de la nature par l’utilisation des ressources et de la technologie n’est pas seulement coûteuse, elle peut aussi mener à une spirale d’interventions et de dégradations des écosystèmes et des processus biologiques.

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6      Ne pas produire de déchets : « Pas de gaspillage, pas de manque » « Un point à temps en vaut cent »

Bill Mollison (la personne qui a conçu la permaculture) définit un déchet polluant comme « un produit de n’importe quel partie d’un système qui n’est pas utilisé de manière productive par une autre partie du système ». Tout « déchet » du système doit devenir un produit. Par exemple, la bouse d’une vache, qui n’est pas un produit directe pour la consommation humaine, enrichira le compost, qui enrichira le jardin, qui nourrira nos légumes, que nous mangerons. La pullulation d’un ravageur (limaces, escargots etc.) nourrira son prédateur (canards), qui nous rendra service en protégeant nos cultures et que nous pourrons aussi manger. Bill Mollison a pris l’habitude de dire que « la solution est le problème ».

Finalement, ce principe s’applique à tous les éléments d’un système. Les déchets, les mauvaises herbes, les insectes et autres ravageurs etc. sont tous vus comme des ressources à valoriser que ce soit pour rendre service ou pour produire un bien.

 « Un point à temps en vaut cent » nous rappelle qu’un entretien périodique est précieux pour éviter le gaspillage ainsi que les grands travaux de réparation et de restauration coûteux en travail.
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Top down : du global au local

Les six principes suivants adoptent plutôt une perspective descendante partant des modèles et des relations qui résultent des systèmes. La construction d’un système doit se faire en ayant une vue d’ensemble cohérente.

7      Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails : « C’est l’arbre qui cache la forêt »

Généralement, nous avons tendance à nous focaliser sur la complexité des détails afin d’en optimiser leurs efficiences. Ensuite, nous contraignons le système à cette fin, ce qui peut avoir des répercussions importantes sur le fonctionnement de l’ensemble. Par exemple, nous souhaitons optimiser la croissance (un mécanisme) des animaux dans les élevages de bovins (un système). Pour cela, nous recourons à l’achat d’aliments (qui viennent de très loin) sans privilégier les ressources locales. Ainsi, la croissance est optimale mais le système n’est pas cohérent (dépendance vis-à-vis de l’extérieur). Par conséquent, pour concevoir un système il est plus important de trouver un schéma d’ensemble approprié qui optimise l’utilisation des ressources locales.IMG_3961

Le proverbe « C’est l’arbre qui cache la forêt » nous rappelle que les détails ont tendance à brouiller notre perception de la nature du système. Plus nous nous approchons, moins nous pouvons appréhender le tableau général.Pour aider à la mise en place des éléments et des sous-systèmes, la permaculture propose de subdiviser l’espace en cinq zones autour du centre d’activité, tel que l’habitation sur une ferme, selon leur intensité d’utilisation.IMG_1971

8      Intégrer plutôt que séparer : « Plus on est nombreux, moins le travail est dur »

La permaculture concentre autant son attention sur la mise en place des éléments du système que sur les interactions entre ces mêmes éléments. Ainsi, « le but d’un système fonctionnel et autorégulé est d’agencer les éléments de façon à ce que chacun d’entre eux réponde aux besoins et utilise les produits des autres éléments ». Alors que nous avons tendance à déconnecter les éléments entre eux afin de gagner en simplicité de gestion, la conception permaculturelle souhaite au contraire créer autant de liens possibles. Cela permet de concevoir des systèmes intégrés qui tirent parti des relations entre les communautés végétales, animales et humaines et qui s’autorégulent et s’auto-entretiennent d’eux-mêmes.

Deux énoncés jouent un rôle central pour développer la conscience de l’importance des relations dans la conception de systèmes autonomes :

–       Chaque élément remplit plusieurs fonctions,

–       Chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments.

Les connections ou relations entre les éléments d’un système intégré sont très diverses. Certaines peuvent être prédatrices ou concurrentielles, alors que d’autres sont coopératives ou même symbiotiques. Tous ces types de relations sont bénéfiques dans l’élaboration d’un système ou d’une communauté solidement intégrés. Nos sociétés modernes ont tendance à privilégier les relations concurrentielles (il faut être le meilleur), accentuant les comportements individualistes. C’est pourquoi, la permaculture insiste particulièrement sur la mise en œuvre de relations mutuellement bénéfiques et symbiotiques (C’est ensemble que nous sommes bons).IMG_2984

9       Utiliser des solutions à de petites échelles et avec patiente : « Plus on est grand, et plus on tombe de haut » « Rien ne sert de courir, il faut partir à point »

À chaque fois que nous faisons quelque chose de façon autonome – cultiver nos aliments, réparer un appareil cassé, nous maintenir en bonne santé – nous appliquons ce principe. À chaque fois que nous achetons aux petites entreprises locales ou que nous participons aux initiatives sociales ou environnementales à l’échelle locale, nous appliquons aussi ce principe.

Le proverbe « Plus on est grand, plus on tombe de haut » nous rappelle l’un des inconvénients de la démesure et de la croissance excessive. Quant au proverbe « Rien ne sert de courir, il faut partir à point », il fait partie des nombreux dictons qui encouragent la patience.

Si nous appliquons ces deux proverbes à nos sociétés modernes, il y a beaucoup à dire. En effet, nous avons tendance à trouver mieux tout ce qui est plus grand et qui va plus vite. Le progrès est bien plus subtil et prend en considération bien plus de paramètres. Par exemple, l’énergie nucléaire produit une quantité d’énergie gigantesque. Pour autant, les conséquences sont démesurées en cas d’accident (impacts sur la totalité du globe pendant de nombreuses générations). Fukushima et Tchernobyl nous le prouvent.

Face à ce constat, nous avons le choix entre persévérer dans cette direction, dans cette fuite en avant vers toujours plus puissant, toujours plus rapide ; ou, tel que la permaculture propose, dans la recherche d’un équilibre entre la production de nos besoins et la préservation de nos moyens de production (prendre soin de la terre, de l’homme et partager les surplus : trois principes éthiques de la permaculture).

10       Utiliser et valoriser la diversité : « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier »

C’est la grande diversité de formes, de fonctions et d’interactions au sein de la nature et de l’humanité qui donnent naissance à la complexité des systèmes issus de l’évolution. Le rôle et l’importance de la diversité dans la nature, la culture et la permaculture sont eux-mêmes complexes, fluctuants et parfois contradictoires en apparence. Il faut voir la diversité comme le résultat d’un équilibre ou d’une tension dans la nature, entre d’un côté la variété et la possibilité, et de l’autre côté la productivité et la puissance.

Il est maintenant largement reconnu que la monoculture est une cause majeure de vulnérabilité vis-à-vis des ravageurs et des maladies, et par conséquent une cause du recours généralisé aux produits chimiques et à l’énergie pour les combattre. La polyculture constitue l’une des applications les plus importantes et les plus largement reconnues de l’usage de la diversité afin d’être moins sensible aux ravageurs, aux aléas climatiques et aux fluctuations du marché. La polyculture réduit également la dépendance aux systèmes marchands et favorise l’autonomie des ménages et des communautés en leur offrant une plus grande variété de biens et de services. Toutefois, la polyculture n’est certainement pas la seule application de ce principe.

La diversité se trouve au sein d’un écosystème mais aussi entre les écosystèmes dans le monde. Lorsque nous voyageons, nous nous rendons compte de la diversité des différents systèmes agraires, linguistiques, culturels etc. Ils reflètent la nature unique du site, de la situation et du contexte culturel.

Le proverbe « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier » traduit l’idée de bon sens que la diversité nous sert d’assurance contre les aléas de la nature et du quotidien.

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11      Utiliser les interfaces et valoriser les éléments de bordures : « La bonne route n’est pas toujours la plus fréquentée »

Les interfaces ou bordures entre deux systèmes (terre-mer, sol-surface, forêt-champ etc.) sont les lieux de rencontre entre les espèces animales et végétales caractéristiques des deux milieux. Les bordures possèdent donc potentiellement une diversité et une activité riche à valoriser. Le principe est fondé sur le fait que la valeur et la contribution des interfaces de tout système doivent non seulement être reconnues et préservées, mais que l’extension des interfaces peut augmenter la productivité et la stabilité du système (héberge les prédateurs de ravageurs, ombre portée etc.).

Le proverbe « La bonne route n’est pas toujours la plus fréquentée » nous rappelle que les idées les plus communes, évidentes et populaires ne sont pas nécessairement les plus pertinentes ou les plus influentes.P1080251

12       Utiliser le changement et agir de manière créative : « La vision ne consiste pas à voir les choses comme elles sont, mais comme elles seront »

Ce principe a deux facettes : d’un côté concevoir en utilisant le changement de façon volontaire et coopérative, et de l’autre réagir ou s’adapter de manière créative aux changements à grande échelle qu’on ne peut ni contrôler ni influencer. La permaculture concerne la durabilité des systèmes vivants naturels et de la culture humaine, mais paradoxalement cette durabilité dépend en grande partie de la flexibilité et du changement.

Il faut comprendre que la nature des changements dépend de l’échelle d’observation, ce qui explique l’apparente illusion de stabilité, de permanence et de durabilité. En effet, dans tout système, les changements rapides et éphémères des éléments de petite échelle contribuent pourtant à la stabilité de système d’un niveau supérieure. Nous pouvons prendre comme exemple nos cellules dont l’activité est très importante et fluctuante tandis que notre corps est d’une stabilité incroyable.

En parallèle, ce principe fait appel au concept de transition. Tout changement doit se faire progressivement. En effet, la modification, même notable, peut avoir de fortes répercussions.

Le proverbe « la vision ne consiste pas à voir les choses comme elles sont, mais comme elles seront » souligne que la compréhension du changement dépasse largement la simple extrapolation de tendances statistiques.IMG_3862

Conclusion

La mise en place de système utilisant toutes les ressources disponibles localement, mettant en œuvre des stratégies de collecte et d’utilisation, favorisant la diversité et les relations (un élément, plusieurs fonctions ; une fonction, plusieurs éléments), etc. permettent d’optimiser la productivité du milieu à de moindres frais. Cela permet aussi de travailler avec la nature et non contre (la solution est le problème : comment détourner le problème en ressource productive : trop de limaces = des canards). Etc.

Les principes de la permaculture cherchent donc à concevoir des écosystèmes qui s’autorégulent et s’auto-entretiennent. Cela permet d’être moins dépendant face aux aléas naturels (climat) et artificiels (le plus important est l’économie : l’argent, les prix d’achats et de ventes, les emprunts) et de se réapproprier son travail et son métier.

Les principes éthiques de la permaculture mettent au premier plan l’épanouissement de l’individu, du groupe de personnes et de la nature qui nous héberge. Pour cela, les concepteurs sont appelés à modifier leur façon de penser. La place de l’économie n’est plus centrale, c’est un élément parmi d’autres. L’argent reprend la place qu’il avait lorsqu’il a été créé. C’est un moyen d’échanger des biens et des services et non un moyen d’accumulation de pouvoir et de richesse.  L’objectif n’est pas la rentabilité ou la compétitivité du système, c’est l’épanouissement personnel et collectif en harmonie avec la nature.

Ce document traite de principes théoriques de conception. Pour une meilleure compréhension de leurs applications, il faudra se référer aux comptes rendus des entretiens réalisés en Australie. Ces personnes se sont appropriées ces principes pour les appliquer dans leur travail et dans leur quotidien.

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Sunshine Coast Permaculture Research Institute

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Je suis arrivé à mon avant dernière étape en Australie mardi 2 septembre, jour de la rentrée scolaire française. Mon passage à Crystal Waters a été rapide et intense. J’ai de la matière à valoriser ! 

Je suis maintenant à Kin Kin chez Zaia et Tom Kendal. Ils ont une ferme de quelques hectares en permaculture où ils donnent des formations sur des sujets variés (de l’introduction à la permaculture à l’application de techniques spécifiques). Leur système de production est diversifié et leur permet de produire une grande partie de leurs besoins tout en accueillant un nombre important de volontaires (WWOOFers, stagiaires). Ainsi, la ferme héberge régulièrement cinq personnes afin, d’une part, de travailler sur la ferme, et d’autre part, d’avoir un lieu de vie communautaire vivant et actif.

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Une ferme de petite taille et vivante

Avant d’acquérir cette ferme, Tom a possédé une exploitation de plusieurs milliers d’hectares avec un troupeau de brebis dans l’ouest australien. Cette ferme de grande envergure lui a demandé beaucoup trop d’investissement en temps et en argent. C’est pourquoi il a décidé de changer de mode de vie. En effet, il s’activait constamment sur sa ferme, y travaillait beaucoup pour un revenu modeste et voyait rarement du monde.

Aujourd’hui, il vit à l’opposé de ce qui fut. Il consacre son énergie sur une faible surface, avec des activités variées en lien avec d’autres personnes. Il a décidé de se réapproprier son travail et son mode de vie. Pour cela, il considère qu’il est important d’être maître de ses prises de décisions. L’indépendance vis-à-vis de l’extérieur devient alors un prérequis pour répondre à ce besoin. Il cherche aujourd’hui à répondre à ses besoins et à être polyvalent (être capable de faire soi-même un maximum d’activités de la vie). Il ne gagne pas plus d’argent qu’avant, mais il en dépense beaucoup moins et a beaucoup plus de temps libre pour partager, enseigner et prendre des vacances.

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Il est certes difficile de partager son travail car, lorsqu’on délègue, le travail n’est pas toujours fait comme on le voudrait, ou plus lentement etc. Cependant, le fait de vivre à plusieurs lui permet de travailler sa patience, de donner l’opportunité aux bénévoles d’apporter leurs touches personnelles et d’échanger sur ce que nous faisons. Tom voit cela comme un moyen de se développer et de s’améliorer à l’intérieur comme à l’extérieur. Le fait d’échanger est aussi la meilleure façon de prendre du recul sur ses choix et actes (on s’entend parler) et d’accéder à la connaissance des autres, qui ont un vécu des expériences différentes.

Zaia s’occupe du website de la ferme (écriture d’articles) et Tom est souvent occupé à donner des formations sur sa ferme ou ailleurs. Ils accueillent donc des bénévoles et des WWOOFer pour s’occuper des tâches quotidiennes de la ferme. Les volontaires long-terme sont familier avec la ferme, ils peuvent gérer les activités courantes et accompagner les WWOOFers dans leurs tâches. En échange, Zaia et Tom proposent aux volontaires de participer gratuitement aux formations qu’ils donnent après une certaine période de travail. C’est un échange de services sur du long-terme. Pour ma part, je vais rester moins de deux semaines, je ne vais donc pas avoir accès à ces privilèges. Par contre, je vais profiter de cette courte période pour découvrir et comprendre le fonctionnement de leur ferme.

La fertilité par la diversité

Revenons maintenant sur la ferme. Tom et Zaia ont deux vaches laitières dont ils transforment le lait (crème, beurre, fromage frais etc.). Il y a aussi une bonne vingtaine de poules pondeuses de toutes races, apportant ainsi œufs et viande. Des oies et canards complètent la population de volailles présente sur la ferme. Enfin, trois chèvres accompagnées de leurs chevreaux pâturent une partie des prairies. Il y a aussi un jardin et une « food forest ». La food forest est une forêt comestible composée d’arbres fruitiers, de légumes et de plantes sauvages comestibles. Elle a pour objectif de créer un système qui s’entretient et se régule de lui-même. On trouve donc un nombre important de fruits et de légumes autoproduit sur la ferme.IMG_3961

Les animaux pour l’homme et les plantes

Tom considère qu’il est important d’avoir une diversité de production afin d’entretenir le système de production avec de moindres intrants. Les ateliers d’animaux permettent de produire lait, œufs, viande que nous consommons. Ils apportent aussi des fèces et de l’urine (sous-produits) que nous utilisons pour entretenir la fertilité du jardin (via le compost). C’est pourquoi, Tom laisse les animaux en bâtiment la nuit, ainsi nous pouvons récupérer les bouses et les fientes au petit-matin. Les déchets alimentaires (épluchures et autres) et les fèces alimentent le compost régulièrement.

Il existe plusieurs types de compost, qui se décomposent plus ou moins rapidement et dont la composition finale varie. Ainsi, il y a un compost en aérobie (à l’air libre : présence d’oxygène) de 18 jours, un autre de 45 jours. Il y a aussi un autre type de compost en baril. Il est plus liquide et se transforme en absence d’oxygène (anaérobie). La composition finale est bien différente. Ils sont tous complémentaires et permettent d’entretenir la fertilité du jardin et du verger. Depuis peu, la ferme possède un bio-digesteur (méthaniseur) pour produire du gaz à usage domestique et du compost pour le jardin.

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Les plantes pour l’homme et les animaux

La ferme comprend aussi une production végétale (fruits et légumes). Ces plantes valorisent le sol et les déchets des animaux pour produire nos aliments. Le jardin est structuré en terrasses comportant de nombreux lits de semailles. Chaque lit comporte en son sein un ou deux type de plantes (légumes, fraisiers etc.) et il y a généralement des plantes de compagnonnage qui les entoure afin de maintenir et consolider le lit.

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Il existe de nombreux microclimat dans le jardin grâce aux terrasses et aux murs qui les consolident. Ainsi, nous mettons au pied du mur des plantes qui aiment l’ombre et l’humidité (il y a souvent une légère dépression au pied du mur, créant ainsi un espace plus humide). Ensuite, les plantes de production colonisent le milieu de la terrasse. Enfin, nous mettons des plantes qui aiment la chaleur et un sol sec sur la bordure, proche du versant du mur. En effet, ce dernier créé un environnement particulier qui convient très bien à des plantes aromatiques.

Le jardin

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Faire un maximum de liens

Les activités sont parfois entremêlées. Par exemple, il y a un poulailler au milieu du jardin. Ainsi, lorsque nous désherbons le jardin, nous jetons les mauvaises herbes aux poules qui se font une joie de les éliminer. Tom utilise aussi un poulailler mobile (cage de 8 m²) pour nettoyer et fertiliser le sol pour ensuite y implanter un nouveau lit de semailles. Dès que les poules ont bien fait leur travail, nous déplaçons le poulailler mobile sur un nouvel emplacement. Les poules seront aussi utilisées dans la food forest lorsqu’elle aura atteint sa maturité. Elles permettront de l’entretenir (manger les parasites et insectes et les graines).

Les poules n’ont donc pas seulement pour objectif de produire des œufs et parfois de la viande, elles participent activement à la gestion du jardin, du verger et de la food forest.

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Tom compte aussi mettre en place une haie d’arbres et arbustes qui produiront du fourrage pour les animaux (vaches et chèvres). Cette haie sera placée le long des chemins et autour des champs. Elle sera  protégée des animaux par une clôture grillagée. Ainsi, Tom n’aura qu’à couper des branches dans l’espace de la haie, puis à les jeter par-dessus la clôture et les animaux n’auront qu’à se servir.

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Gérer la ressource eau

La tâche la plus représentative de l’enjeu « eau » a été la construction d’une clôture. Pour planter les piquets, il est impossible de les enfoncer. Il faut creuser des trous dans le sol. En effet, le sol est composé d’argile que le climat sec a rendu totalement dur et imperméable. Lorsque vous creusez un trou, vous pouvez imaginer que le sol a de nombreuses difficultés pour infiltrer l’eau. Cela est d’autant plus vrai que le paysage australien est vallonné, l’eau a donc tendance à ruisseler, emportant tout sur son passage (eau, débris végétaux etc.). C’est pourquoi, de nombreux agriculteurs construisent des digues, talus, rigoles afin de ralentir le flux d’eau et d’en stocker une partie dans des étangs artificiels. Ainsi, l’eau a le temps de s’infiltrer pendant la saison des pluies et les étangs permettent d’utiliser le stock lors de la saison sèche (8 à 9 mois de l’année !).

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La ferme est située dans une cuvette. L’eau afflue des versants des collines vers la ferme, place centrale de la cuve. Tom a donc décidé de construire une digue d’une hauteur impressionnante (plusieurs dizaines de mètres de haut) afin de contenir l’eau de la saison humide et de créer un étang. En parallèle, deux couloirs ont été creusés sur les versants des collines pour l’alimenter. Lorsque la pièce d’eau est remplie, le surplus s’échappe par le chemin vers la ferme, c’est-à-dire le bas de la vallée. Pour rappel :

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En plus des couloirs et de la digue pour contenir l’eau, Tom a organisé le jardin en terrasses. Les terrasses font aussi partie des aménagements incontournables pour limiter le ruissellement et augmenter l’infiltration de l’eau. D’ailleurs, nous avons construit un mur en sec (pierres empilées les unes sur les autres sans liant) pour en renforcer et en maintenir une. Entre aller chercher les pierres dans le lit de la rivière, les ramener au pied du muret, commencer à les empiler, nous avons passé des journées pour faire un petit morceau de mur. Mais le résultat a été convaincant !

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Un petit mot sur le quotidien

Le réveil est à 6h (lever du soleil). Nos premières taches consistent à s’occuper des animaux. Nous nous répartissons en trois groupes : le premier réalise la traite, le second nourrit les poules et le dernier prépare à manger. Pour ma part, je me suis souvent consacré à la gestion des vaches, c’est bien plus rigolo !

Cliquez sur le lien suivant pour me voir traire !

https://www.dropbox.com/s/6bfkuher7kf4jwv/Traite%20des%20vaches.wmv

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Pendant la journée, nous nous occupons de mettre en place de nouvelles infrastructures (mur, clôture etc.). Nous passons régulièrement du temps pour ramasser des mûres, fraises, citrons, oranges etc. et des salades, petits pois etc. Il nous faut aussi récolter des plantes fourragères sauvages (branches et herbes) pour compléter la ration des animaux. L’objectif est de recourir en priorité à toutes les ressources locales avant d’acheter un aliment onéreux.

En fin de journée, nous trayons les vaches une nouvelle fois et nous enfermons les poules.

D’autre part, nous nous sommes attelés à la transformation de produits de la ferme. Ainsi, nous avons fait du pain et du fromage ! Quelques photos pour illustrer cela.

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Les paysages de la Sunshine Coast

Ah j’oubliais ! Nous sommes allés à Noosa, ville côtière la plus réputée de la sunshine coast, pour le départ de deux internes. Nous avons profité de la plage et d’un bon barbecue toute la journée.

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Nous avons aussi eu un invité de dernière minute !

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En ce qui concerne les animaux sauvages rencontrés sur la ferme :

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Juste avant mon départ, nous avons décidé de grimper en haut de la colline surplombant la ferme. Après 20 minutes de marche, nous avons pris quelques photos mémorables que je tiens à partager.

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Un mot sur l’entretien

J’ai réalisé une interview d’1 heure 30 avec Tom et des WWOOFers. Tom était très heureux de parler de ce qu’il fait ici. Il donne régulièrement des formations sur la permaculture et sur des questions techniques telles que les méthodes de compostage, la gestion de la fertilité et des bio-agresseurs, sur les outils pour produire de l’énergie etc. Nous avons appris beaucoup et j’ai hâte de partager cela avec vous. Ce court article vous apporte un aperçu de la ferme et je compte bien vous en dire plus dès que l’entretien sera traité.

Actuellement, je rédige un article pour présenter les principes de la permaculture. Cet article vous permettra de faire le lien avec le fonctionnement des fermes que je visite.

Sur ce, et sans transition, à bientôt !

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Galerie Photographique

Un petit mot sur la Permaculture

Cela fait bien longtemps que je vous avais promis un article sur la permaculture, c’est chose faite. Je ne vais énoncer ici que quelques éléments de cette vaste discipline qui se présente comme une alternative pour un développement durable des sociétés modernes.

Cette discipline est née en Australie dans les années 70 sous l’impulsion de deux écologues-agronomes. Le premier, Bill Mollisson, est celui qui a inspiré le mouvement. Le second, David Holmgren, est celui qui l’a amplifié et perpétué. Aujourd’hui, leur concept est connu et pratiqué dans le monde entier. La permaculture, abréviation d’ « agriculture permanente », est définit comme étant la « conception consciente de paysages qui imite les modèles et les relations observés dans la nature, produisant de la nourriture, des fibres et de l’énergie en abondance pour répondre à des besoins locaux. » Cette définition s’applique et englobe toutes les activités humaines (production alimentaire, habitat, style de vie, façon de vivre ensemble etc.).

Elle fait appel à la science de l’écologie (étude du lien entre les êtres-vivants, humain compris, et leurs environnements) et à l’approche systémique pour organiser un cadre de conception de systèmes humains durables. Elle suit ainsi qui suit les règles de fonctionnement des écosystèmes (ensemble des êtres vivants dans un milieu donné) et des sociétés passées qui ont vécu en harmonie avec leurs environnements.

Les principes éthiques

Les principes éthiques s’inspirent des sociétés traditionnelles (tribales, indigènes etc.) qui ont établi un équilibre relatif avec leur environnement et ont ainsi survécu plus longtemps que n’importe laquelle de nos expériences récentes de civilisation, à l’exception notable des sociétés industrielles modernes.  Ils se regroupent en trois points :

–          Prendre soin de la Nature (sol, êtres vivants, biodiversité etc.),

–          Prendre soin des hommes (cela commence par soi, puis famille, voisins etc.),

–          Vivre ensemble (redistribuer les surplus).

La permaculture ne rejette pas pour autant les enseignements des grandes traditions spirituelles et philosophiques ou encore les avancés scientifiques des civilisations contemporaines. Cependant, elle propose de repenser la valeur, la place et l’utilisation des technologies et technologies du « progrès » à l’aide de ces principes éthiques.

La fleur de la permaculture

Elle montre les domaines clés qui nécessitent une transformation pour créer une culture durable. Le chemin évolutif de la fleur prend naissance de l’éthique et des principes de la permaculture pour ensuite s’étendre à l’ensemble des pétales, faisant le lien entre elles, en partant du niveau individuel et local au niveau collectif et global.

Fleur permaculture

Si vous en venez à étudier la permaculture, vous vous rendrez compte que ce concept remet au goût du jour de nombreux savoirs, savoir-faire et savoir-être qui rythmaient la vie de vos parents ou grands-parents ! Et lorsque vous commencez à chercher les moyens pour produire vos besoins, il y a beaucoup à ré-apprendre :

–          Comment gérer son habitat ?

–          Comment s’intégrer dans son environnement pour produire ses besoins ?

–          Comment s’organiser et vivre ensemble (partage, foncier, gouvernance, économie) ?

–          Comment prendre soin de soi ?

–          Comment éduquer et quelle culture construire ?

–          Comment intégrer la technologie ?

Finalement, la permaculture souhaite permettre à des groupes d’individus de subvenir à leurs besoins et à partager les surplus tout en respectant la nature, l’homme et la vie collective. En gagnant en autonomie (alimentaire, énergie, habitat, financière, prise de décision etc.), les personnes gagnent en maîtrise et diminuent leurs contraintes. Ils ont alors tous les éléments en main pour orienter leurs vies vers ce qu’ils considèrent comme bon pour leur épanouissement personnel et collectif.

Le réseau

Depuis sa création, la permaculture se développe en Australie mais aussi dans le monde entier, que ce soit dans des pays riches ou pauvres pour contribuer à un futur plus durable. Son succès provient du fait qu’elle insiste sur la persistance d’une culture de l’autonomie des individus et des peuples et sur la mémoire de certains savoirs, savoir-faire et savoir-être à la fois conceptuels et pratiques de ces derniers. Son développement dans de nombreuses cultures et situations différentes à travers le monde montre qu’elle est capable de contribuer à l’évolution d’une culture populaire de la durabilité, et ceci à travers l’utilisation de ressources locales et l’adoption de solutions pratiques.

Il existe d’ailleurs de nombreuses formations sur la permaculture (cinq en tout !) pour se familiariser avec cette approche. La première et la plus rependu est le PDC (Permaculture Design Course). Cette formation dure 10 jours pendant lesquelles une ou plusieurs personnes vous introduisent la permaculture. Cette formation est disponible en France. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’Université Populaire de Permaculture situé en Bretagne.

Cependant, les solutions de développement écologiques, de la permaculture ou d’autres mouvements alternatifs tels que l’agriculture biologique, ont un impact parfois limité et ce pour plusieurs raisons. La première est que la culture scientifique réductionniste dominante reste méfiante à  l’approche globale des systèmes même si elle s’y intéresse de plus en plus. La seconde est la tendance de notre société moderne à promouvoir un consumérisme omniprésent, accompagné d’indicateurs économiques dysfonctionnels du bien-être et du progrès. Enfin, les élites politiques, économiques et sociales (au niveau mondial et local) verraient leur influence et leur pouvoir amoindris dans un monde favorisant l’autonomie locale et l’autosuffisance.

Et concrètement ?

Il existe de nombreux livres, articles et films explicitant les principes de conception d’écosystèmes humains durables. La forme de ces règles de conception diffèrent en fonction des auteurs même si le fond reste globalement le même.

Je ne vais pas pour l’instant vous les énoncer car je suis loin d’être à l’aise pour en parler. J’ai encore besoin de temps pour organiser mes pensées. De même, je vous expliciterai l’application de ces principes par l’écriture d’article sur mes rencontres. Encore un peu de travail donc !

A très bientôt les ami(e)s !

Nos projets

1.  Projet « Tour des alternatives agricoles », en savoir +LOGO

Le premier de nos projets. Nous sommes partis  à la rencontre d’agriculteurs en Australie, en Inde et au Japon pour apprendre de l’expérience de praticiens. Nous avons alors revisité des disciplines innovantes telles que l’agriculture biologique, la permaculture, et l’agriculture naturelle grâce à nos riches échanges. Joachim DUTE, porteur du projet, a travaillé bénévolement dans une 15 aine de fermes et interviewé plus de 40 acteurs agricoles au cours de son voyage (de juillet 2013 à mai 2014).

Contact : Joachim DUTE, terredinitiatives.asso@gmail.com

 

2.   Projet « Créavenir »

Contact : Morgan DULOUP,

En savoir +

3.   Projet « Echanges pour la Terre »

echanges

Contact : Camille FONTENY,

En savoir +

 

 

 

Recherche d’un volontaire en Service Civique

Notre association est à la recherche d’un volontaire en service civique pour début avril, pour nous accompagner dans nos actions. Vous trouverez l’offre ici : http://www.service-civique.gouv.fr/missions/appui-au-projet-tour-du-globe-agricole
Notre association en quelques mots :
Terre d’Initiatives axe ses actions sur la rencontre d’acteurs de mouvements agricoles alternatifs (agroécologie, agriculture biologique, permaculture, agriculture naturelle) à l’internationale en vue de s’enrichir de l’expérience de praticiens et de découvrir de nouvelles façons de concevoir et de faire l’agriculture.
La capitalisation et la diffusion de ces enrichissements présentent un intérêt certain. C’est, selon nous, une excellente manière de prendre du recul sur l’agriculture française et d’esquisser ensemble des pistes de réflexions et d’actions pour lever les défis du développement durable. D’autant que le gouvernement français a clairement pris le tournant de l’agroécologie, où l’enjeu est de concilier la performance économique et environnementale en produisant efficacement et plus durablement.
N’hésitez pas à faire tourner d’info dans vos réseaux !
Joachim DUTE

Le projet

LOGO

Le premier de nos projets. Nous sommes partis  à la rencontre d’agriculteurs en Australie, en Inde et au Japon pour apprendre de l’expérience de praticiens. Nous avons alors revisité des disciplines innovantes telles que l’agriculture biologique, la permaculture, et l’agriculture naturelle grâce à nos riches échanges. Joachim DUTE, porteur du projet, a travaillé bénévolement dans une 15 aine de fermes et interviewé plus de 40 acteurs agricoles au cours de son voyage (de juillet 2013 à mai 2014).

Depuis septembre 2014, nous capitalisons les enseignements agricoles du voyage sous une forme écrite et audiovisuelle. Nous avons d’ailleurs produit un premier film de 20 minutes avec le témoignage d’agriculteurs australiens, indiens et japonais. Nous y abordons l’intérêt d’une production alimentaire basée sur des agroécosystèmes sains et diversifiés ; et l’importance de s’organiser pour accompagner et dynamiser une transition. 

Nous animons régulièrement des soirées au cours desquelles nous projetons notre film puis nous invitons le public à échanger avec une table ronde composée d’acteurs agricoles locaux (agriculteurs biologiques, membres de circuits courts, etc.). A travers ce genre d’échange, nous cherchons à sensibiliser aux enjeux agricoles du 21ème siècle, à aborder ensemble des leviers d’actions et découvrir des dynamiques locales. En parallèle, nous continuons de capitaliser les enseignements agricoles du projet. Nous visons la production d’un autre film, plus complet, qui sera accompagné par des interventions dans le grand ouest.

Contact : Joachim DUTE, terredinitiatives.asso@gmail.com

Shikoku en trois jours

Je quitte Wakayama matin 19 avril et dois maintenant me rendre chez Kazuhiro, dont la ferme est située dans la préfecture de Oita sur l’île de Kyushu. Regardant la carte du Japon, je me dis que ce ne serait pas bête de passer par Shikoku. Après tout, c’est sur la route. De plus, on m’a conseillé d’aller rencontrer un japonais travaillant sur la permaculture vivant à Kochi. Je me décide alors à traverser l’île de Shikoku.

Par la suite, il s’avérera que la personne de Kochi n’est pas disponible. Dommage. Pour le coup, j’organise mon séjour à Shikoku différemment et ne fera que du tourisme.

C’est parti pour Takamatsu (Shikoku)

Yohei (fermier de Kome’ichi, ferme de la préfecture de Wakayama) me dépose à la gare aux alentours de 10h samedi matin. J’ai passé un excellent séjour avec lui, les travailleurs et les WWOOFers. Encore une fois, j’ai eu un pincement au coeur en partant.IMG_1112

Je me rends sur Shikoku en utilisant le transport maritime. De Wakayama, je prends le ferry à 13h30 et arrive deux heures plus tard à Tokushima, ville côtière de l’est de Shikoku. Ensuite, je saute dans un train pour rejoindre Takamatsu, située à 1h30 de là, où je vais passer deux nuitées.

Comme à la maison dans la Guesthouse Chottoco-ma de Takamatsu

Takamatsu, plus grande ville de la préfecture de Kagawa, est située sur la côte nord de Shikoku. Elle abrite l’une des plus importante attraction de l’île : le parc japonais Ritsurin.

J’arrive samedi soir à 19h à la guesthouse. Elle est géré par un couple vraiment accueillant. J’ai eu l’impression d’avoir été invité à séjourner dans leur maison. Le hall d’entré est petit, comporte à la fois l’accueil, la salle à manger et la pièce de vie. Je vais dormir dans un dortoir en compagnie d’un australien et de deux japonais, puis un lillois la seconde nuit. J’ai passé deux soirées en compagnie de ce beau monde et du couple propriétaire de la maison. Chacun apportait son repas et une boisson, qui nous partageons tout en faisant connaissance. Des moments agréables et chaleureux.

Les propriétaires ont beaucoup voyagé par le passé (surtout le mari qui a fait tous les continents, sauf l’antarctique, en trois ans après ses études). C’est pourquoi, ils aiment découvrir le parcours des personnes qu’ils hébergent et échanger autour du voyage, des rencontres, de la nourriture etc.

Après une première nuit à peine reposante, je pars découvrir la ville et ses richesses. Je commence par longer le port de pêche puis arrive au marché du dimanche où, surprise, je vois un stand arborant le drapeau breton ! L’homme, originaire du pays évidemment, prépare ses galettes. Décidément, ils sont partout ces bretons.

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Je continue mon chemin et découvre une compagnie de bus locale, avec ses beaux dauphins sur les côtés.

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C’est alors que j’atteins ma première destination : le parc du château de Takamatsu. La forteresse n’est plus, il ne reste que les remparts et quelques portes. Toutefois, le parc est agréable. C’est un avant goût de ce qui m’attend à Ritsurin Garden.

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Je prends la direction du second parc. Pour se faire, j’emprunte la rue commerçante piétonne. Je n’ai pas fait de lèche vitrine. Par contre, j’ai acheté du pain perdu, que les locaux appellent “french toast”. Je les partagerai le soir même à la guesthouse.

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En fait, les japonais aiment la french touch. Ansi, les boulangeries-pâtisseries sont monnaie courante au Japon, tout comme du français sur les enseignes, les vêtements, les objets de tout genre. J’ai découvert une tasse à café arborant une phrase en français qui n’avait, mais vraiment, aucun sens. C’est comme si les mots avaient été mis bout à bout sans cohérence. Amusant. En ce qui concerne la boulangerie où j’ai fait mes emplettes, elle arborait une phrase d’accroche très kitch. L’ayant partiellement oublié, je ne vais pas pouvoir la retranscrire. En tout cas, elle m’a fait sourire.

J’arrive enfin à Ritsurin, parc où je vais déambuler et prendre des photos pendant plus de deux heures. Caractéristique du jardin à la japonaise, Ritsurin est aujourd’hui un bel espace récréatif. J’ai pris en photo le plan du site ainsi qu’un court texte explicatif du site en français. Il vous expliquera bien mieux que moi l’histoire de ce parc.

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J’ai pris une avalanche de photos du parc et de ses bassins. Pour le plaisir des yeux :

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Mon tour de Takamatsu se termine. J’ai vu le parc du chateau, le Ritsurin et la rue commerçante entre les deux. Sur le retour, je suis la ligne de chemin de fer. Elle me mènera directement à la guesthouse. Je découvre les petites rues de Takamatsu, qui ont leur charme comme le témoigneront les photos suivantes.

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À force de détours, je me retrouve face à un grand temple japonais. Quelle surprise tellement il est imposant et riche.

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Cerise sur le gâteau, le panneau de la boîte à lettre de l’office de police local.IMG_1407

Je rentre à 16h pile à la guesthouse. Je vais profiter de mon temps libre pour bavarder avec les proprio, manger un morceau et préparer la journée du lendemain. Il me faut rejoindre Yawatahama, ville portuaire de l’ouest de Shikoku, pour prendre le ferry pour Beppu, ville incontournable de l’île de Kyushu.

Je regarde chaque option qui s’offre à moi. Le train rapide, trop cher (vraiment cher!). Le train local, trop lent (vraiment trop lent!). Le bus, pas forcément attractif car ne va pas jusqu’à ma destination. J’avais comme première idée de faire de l’auto-stop. Et bien c’est ce qui va s’avérer potentiellement de plus simple et de plus rapide. C’est décidé, je tente ma seconde expérience d’auto-stop au Japon !

Visite imprévue de Mastuyama grace à un incroyable conducteur (merci l’auto-stop)

Je prends mes clics et mes clacs, saute dans le train de la station la plus proche, descends à l’arrêt suivant et me poste sur la grande voie qui mènent à Matsuyama, ville la plus grande de l’île située juste avant Yawatahama, ma destination. Il n’y a pas vraiment de place pour que les automobilistes s’arrêtent et beaucoup de circulation. Mais, je n’ai pas le choix, je dégaine mon pouce et ma destination écrite en japonais sur une feuille. J’attends 20 bonnes minutes avant qu’un automobiliste s’arrête. Je ne le sais pas encore, mais il va me rendre magique le trajet.

Comme j’avais pu le constater lors de mon premier essai d’auto-stop, les japonais sont tolèrent sur la route. En l’occurrence, mon conducteur s’arrête sur la voie à mon niveau, créant un mini-embouteillage derrière lui. Je m’étais pourtant positionné à proximité du parking de la supérette située derrière moi.

Il s’appelle Masafumi et parle un peu anglais, suffisamment pour avoir une conversation. Super, je suis au ange. Il fait de nombreux déplacements dans le cadre de son travail, dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres autour de Takamatsu. Nous entamons la conversation et faisons connaissance. Je lui explique le parcours qui est le mien depuis plus de dix mois et lui annonce mon programme pour les dernières semaines au Japon (travail dans des fermes, dans de nombreux pays, visites et balades par divers moyens de transports etc.). Après une heure de trajet, il appelle son patron et m’annonce qu’il me conduira directement à Yawatahama. Il travaillera demain. Dans la foulée, il me propose de visiter le Chateau de Matsuyama… Ils sont incroyable ces japonais. Comme il me dira, les japonais adorent les étrangers et souhaitent toujours les aider. Décidément, c’est un pays très hospitalier et chaleureux.

Pour vous le chateau ! Il est vraiment magnifique. Vous avez quelques photos avec mon bon conducteur.

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Nous reprenons la route pour rejoindre Yawatahama. Les paysages sont somptueux. Depuis Takamatsu, l’autoroute s’enfonce dans un paysage de collines verdoyantes. Sur la fin du parcours, elles sont de plus en plus raides et abritent de nombreux petits villages de style traditionnel. Les collines sont peuplés de deux types de végétations avec un teint vert différent. Les arbres sylvestres colonisent majoritairement les versants ouest des collines. D’autre part, ils ceinturent les collines à une altitude constance. La couleur de leur feuillage est d’un vert clair intense. Les pins colonisent les espaces restants et sont d’un vert plus foncé et profond. Magnifique mosaïque de vert !

Je n’ai malheureusement pas pris de photos du trajet car elles sont rarement réussi en voiture : mauvais cadrages, manque de netteté, imperfections dû à la vitre etc. J’ai préféré enregistrer ces images dans ma tête.

Après une heure, nous arrivons Yawatahama où nous mangerons un morceau avant que je prenne le ferry.

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Comme si ce n’était pas suffisant, Masafumi insiste pour m’offrir le repas. Je réussi à acheter quelques patisseries pour le café. Il ira encore plus loin en me payant la traversée en bateau. C’est la fois de trop, je lui dis que c’est trop, qu’il ne peut pas en faire autant. Rien n’y fait, il s’est décidé de m’aider. J’accepte et respecte son choix et le remerciera bien des fois. Chrétien, il m’offre un médaillon avec St Christophe, patron des voyageurs, en me quittant. Je vais le garder près de moi. Il symbolisera ce que fit Masafumi pour moi.

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Morale de l’histoire

“Offre sans rien demander en retour”. C’est la première leçon que je retiendrais aujourd’hui. Si vous attendez quelques choses en retour, alors vous n’avez pas offert. Vous offrez par intérêt pour votre personne.

“Ce que tu donnes te reviendras un jour”, seconde leçon de la journée. Comportez-vous et agissez avec votre coeur et amour, et la vie vous le rendra pour finir. Yohei (Kome’ichi Farm) l’a expérimenté. Au début, il en attendait beaucoup trop de son travail, et il n’était pas récompensé. Après quoi, il a changé et m’a avoué ne plus se soucier si les retours ne sont pas là. Il continuera d’agir tel qu’il a décidé d’être et de faire. Il est aujourd’hui soutenu et entouré.

Je ne saurais dire si ces deux citations s’appliquent à mon cas. Toujours est-il que cela ne peut me laisser indifférent.

A++ pour la suite !

Vie dans la nature de Shikigami

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Shikigami est le nom du site où vivent Dion (néo-zélandais) et sa femme Asako (japonaise). Ils habitent à l’extreme sud de la péninsule de Shizuoka, au milieu des collines. Je vais séjourner deux jours avec eux, après Kanda Natural Farm (préfecture de Yamanashi) et avant Kome’ichi Farm (préfecture de Wakayama).

Trajet en auto-stop

Cette fois-ci, je me lance et fais du “stop” pour aller à Shikigami. Au Japon, c’est facile. C’est, du moins, ce que l’on m’a toujours dit. Cela s’avère être vrai. Seul bémol, les japonais ne parlent pas anglais… Pour autant, je n’ai aucune difficulté pour annoncer ma destination, mais éprouve bien du mal à discuter une fois dans la voiture.

J’avais apprécié faire du “stop” en Australie car, en plus de faire des économies, c’est un excellent moyen de rencontre et d’échange. Maintenant que je suis au Japon, l’auto-stop est moins drôle car la communication est difficile. Je fis la route pour Shikigami grâce à ce moyen de transport et reparti en train. Quitte à ne pas parler, autant travailler pendant le trajet. Le transport ferroviaire s’avère être vraiment onéreux, surtout pour les grandes distances. Je vais probablement retenter l’auto-stop à l’avenir.

La vie à Shikigami

J’arriva le 6 avril et reparti le 8 au matin. Il me faudra 20 minutes à pied, chargé comme une mule, pour rejoindre la maison de Dion et d’Asako. Pour se faire, je quitte la route goudronnée et emprunte un chemin se faufilant entre deux collines. Il est sinueux, monte et descend, s’enfonce dans la forêt. Le seul moyen de rejoindre Shikigami est de marcher. Je vais suer et faire deux pauses. Je n’ai pas fait le malin avec mes 20 kg sur le dos.

Enfin, j’aperçois une maison entourée par la nature. Je rencontre Dion et Asako, qui prennent du bon temps au milieu des collines depuis plus de sept ans. Ici, le temps n’a plus d’importance. Ils vivent à leur rythme, prennent leur temps, s’adonnent à de nombreuses activités créatives (musique, art, lecture et écriture etc.) et productives (cueillette, jardinage, aménagement, coupe de bois etc.). Ils ont trois horloges qui ont arrêté de donner l’heure depuis un moment.

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Dion et Asako ont une vie simple, nécessitant peu de moyens. Ils auto-produisent ce dont ils ne peuvent se passer comme manger, se chauffer. Ils vivent d’une cueillette semi-sauvage de plantes de la forêt et du jardin. Pour le reste, ils louent leur terrain et payent leurs factures (électricité, sécurité sociale etc.). Dion donne 4 à 5 cours/formations par an afin de gagner de l’argent. Cela suffit pour apporter bonheur et liberté au couple.

Un espace semi-sauvage

Dion s’est longtemps intéressé à la permaculture et se forma en Australie. Puis, il rencontra une personne qui étudie les systèmes de vie anciennes chinoises. Il l’accompagna quelques années pour apprendre de son expérience. Cela l’enrichira considérablement. Puis il rencontra Asako à New York. Ensemble, ils décidèrent de s’installer au calme et avoir un mode de vie sain et paisible. Shikigami est le petit coin parfait pour que notre couple réalise leur rêve. Au milieu des collines et de la forêt, ils s’installèrent.

Dion souhaite s’intégrer dans son environnement. Pour cela, il perturbe le moins possible l’évolution spontanée du milieu. Il l’accompagne et l’oriente en fonction de ses besoins. Il considère que tout être vivant est utile, et doit-être utilisé. Il privilégie l’implantation de plantes comestibles pérennes ou vivaces (arbres, herbes etc.), qui nécessite peu d’entretien contrairement aux plantes annuelles que nous cultivons tant (légumes du jardin). Leur jardin possède aussi des pieds de tomates, patates, carottes etc.

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En plus de privilégier des plantes nécessitant peu de soin, Dion ne modifie que très peu les conditions du terrain. Au contraire, il le laisse s’exprimer et le peuplera avec ce qui y est adapté. Lorsqu’il décide d’introduire une nouvelle plante, il cherche d’abord un endroit propice à la nouvelle venue. Ensuite, il lui donne un coup de pouce. Par exemple, il coupe les plantes voisines régulièrement pour qu’elles n’étouffent pas la nouvelle arrivante. Un fois bien implanté, il n’apportera que très peu de soin et se contentera de prélever la nourriture produite.

Leur jardin s’est composé d’une mosaïque de milieux différents avec, pour chacun, son lot de plantes comestibles. Elles se développent où les conditions leurs sont favorables et vivent en harmonie. Chacune tient sa place et garantie le bon fonctionnement de l’ensemble.

En milieu humide, des plantes comestibles aquatiques ou semi-aquatiques

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À l’ombre, des champignons

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Le bambou sur la pente, pour les jeunes pousses (comestibles)

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Comme le résumera Asako : “finalement, nous régulons les plantes devenant “envahissantes” en prélevant leurs parties comestibles, pour les manger”. Manger est devenu la meilleure façon d’entretenir leur jardin !

En deux jours

J’ai aidé Dion et Asako dans quelques tâches. Avec Dion, nous sommes allés ramasser du bois un matin. Pour se faire, il nous a fallu marcher cinq bonnes minutes dans la forêt. Nous avons alors sélectionné des branches que nous avons coupé en morceaux de 30-40 cm, puis dispositionné dans deux cagettes. Dion les porta sur son dos au retour.

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Avant manger, nous récoltons des plantes sauvages dans le jardin dont du liseron des eaux. Asako les cuisina le soir même avec bon nombre d’autres plantes sauvages. Au menu : tiges, feuilles, fleurs etc. cuisinés ou crus. Bien entendu, ces mets étaient accompagnés d’un plat de riz, de quelques légumes et de champignons. Les plantes sauvages sont généralement riches et concentrées. Il faut donc les manger en quantité mesurée et laisser son corps s’habituer à cette nouvelle nourriture. Ce fut d’excellents repas !

NB : Sur Terre, il y a plusieurs dizaine de milliers de plantes comestibles et nous produisons seulement une dizaine en très grande quantité. C’est dommage de ne pas utiliser ce que nous avons sous la main, qui est gratuit et prolifère spontanément.

S’intégrer et faire participer

Dion tient à faire venir autant de monde que possible à Shikigami. Il organise des ateliers de “remise à l’état sauvage” de jardin, découverte des plantes sauvages comestibles etc. Il donne quelques astuces pour construire un jardin conciliant plantes productives autochtones (originaires du milieu), plantes introduites et plantes comestibles sauvages qui se développeront spontanément. En plus de cela, ces ateliers lui permettent d’interpeller indirectement la population japonaise sur le mode de vie moderne.

Mon séjour fut court en leur compagnie. pour autant il fut l’un des plus enrichissant de part l’originalité et la rareté de leur approche. Il me faut repartir pour rejoindre Kome’ichi Farm.

À bientôt pour plus de nouvelles,

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Canaan Farm, ferme intégrée dans son environnement local

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Je suis parti de Canaan Farm (Okinawa) le 16 mars, physiquement épuisé mais amplement satisfait. Comme d’habitude, j’ai le coeur gros en quittant ceux que j’ai côtoyé pendant mon séjour. Je n’ai pas vu le temps passé tellement mes journées ont été occupées et entrainantes.

Keiji et Hanae Yoda est le couple qui a fondé Canaan Farm il y a cinq ans. Ce projet commun marque leur volonté de construire ensemble un mode de vie plus durable, que ce soit pour eux que pour leur entourage. Pour ce faire, ils ont choisi de se positionner sur l’alimentation, qui fut un aspect centrale de la culture japonaise (comme en France). Face aux changements de mode de vie, ils souhaitent sensibiliser la population à l’importance de connaitre l’origine de la nourriture, de la façon dont elle a été produite tout en savourant et graciant chaque bouchée. Ainsi, le projet de fonder une ferme-restaurant-hôtel s’est imposée de lui même.

Les avantages sont nombreux. Ils lient la production-transformation-consommation de produits locaux. Ils maitrisent une partie de leurs débouchés agricoles. Le restaurant-hôtel sert de vitrine gastronomique accessible des produits locaux etc.

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Une ferme

La ferme produit des fruits (ananas en grande quantité, et quelques goyaves et papayes) et des légumes (patates, toute sorte de courges, tomates, salades, radis etc., la liste est longue). Plus d’une centaine de cochons ont élu domicile ainsi qu’une dizaine de bovins.

La majeure partie des terres de la ferme étaient dédiées à la production de litchi lors de la reprise. Keiji et Hanae ont finalement abandonné cette production gourmande en travail pour un rendement souvent aléatoire. Dès le début, ils ont mis en place la production potagère afin d’alimenter le restaurant. Face à l’échec du verger de litchi, ils se sont tournés vers la production de viande animale car cela leur permet de recycler les déchets alimentaires de leur restaurant. Les animaux, en l’occurrence les cochons et les vaches, ne sont pas gourmands en terme de suivi car la croissance musculaire n’est pas optimale. Leur rôle est de valoriser ce qui aurait été perdu tout en produisant de la viande et donc de la valeur.

Nous distribuons un mélange de déchets alimentaires aux cochons tous les matins. En plus de cela, ces animaux mangent des pains, brioches etc. dont la date est dépassée deux à trois fois par semaine. Ils proviennent des petites surfaces locales. En ce qui concerne les déchets de restaurants, ils proviennent principalement d’un complexe hôtelier proche de la ferme. Keiji leur donne une ration riche et équilibrée afin de maitriser la finition pendant les deux derniers mois de la croissance des animaux. Il obtient ainsi une viande de qualité constante.

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Quant aux bovins, nous allons leur couper de l’herbe tous les matins. Après avoir dégusté une herbe fraichement récoltée, les animaux mangent un concentré. Cet aliment est composé d’un mélange de co-produits de fabrique de vin de riz, de poudre de balles de riz, d’un mélange de grain (maïs, blé et autres) et d’un liquide issu des fabriques d’alcools locales, légèrement acidulé. Ces mêmes aliments composent le concentré des cochons, avec des proportions différentes.

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Un restaurant-hôtel

Dès leur arrivée, ils ont restauré un bâtiment faisant face sur la côte. Il en ont fait un hotêl-restaurant appelé Canaan Slow (food, en opposition à fast food) Farm. Cette structure leur permet de valoriser la totalité des légumes produits par la ferme, ainsi qu’une partie des ananas et de la viande bovine et porcine. Elle leur offre la possibilité de reconstruire un lien entre le consommateur et le producteur, communicant ainsi sur l’importance de connaitre l’origine de sa nourriture et la façon dont elle a été produite.

Plutôt que de chercher à  servir des plats strictement biologique et être obligé d’importer des produits en dehors de l’île voir du Japon, ils ont préféré se positionner sur le local. Ainsi, les plats sont préparés avec des produits locaux (issus de leur ferme, des fermes alentours, des plateformes de distribution : grossistes) et occasionnellement de produits importés du reste du Japon.

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En fait, la production agricole japonaise est assurée par de grandes structures, comme par ailleurs. Pour autant, il est courant que les familles possèdent quelques terres et les cultivent pour leur propre consommation. Cela était vrai par le passé et le reste aujourd’hui grâce à la population de retraités. je m’explique, le Japon est un pays qui vieilli. Bon nombre de retraités s’adonnent à la production agricole une fois l’âge venu. Ils approvisionnent de temps en temps des marchés locaux, ou dans notre cas, un restaurant. Keiji et Hanae sont heureux de fonctionner avec eux.

Quotidien à Canaan Farm

J’ai logé avec Haggy, 44 ans, qui travaille ici depuis plus de trois mois. En trois semaines, nous avons eu le temps de nous familiariser. Pour tout vous dire, il ne nous a pas fallu longtemps. En effet, la première soirée passée ensemble annonçait la couleur. Haggy parle un peu anglais et moi pas du tout japonais. Pour autant, nous n’avons éprouvé aucune difficulté pour discuter et nous comprendre. Il me disait une phrase en japonais avec quelques mots d’anglais. De mon côté, c’était anglais et quelques mots de japonais. L’expression corporelle faisait le reste. Je n’ai pas arrêté de m’amuser avec lui. J’ai passé plusieurs soirées à lui demander des mots japonais, pour me familiariser avec la langue. Je voulais surtout créer des situations amusantes uniquement en japonais. Prenons un exemple. J’ai appris : je suis fatigué, c’est ennuyeux, j’ai fini, très bien, je suis heureux etc. Je les ai utilisé pendant le travail afin de dire : j’ai fini ! Ce à quoi il me répondait : il reste cela à faire. Je répliquais : je suis fatigué (ou : c’est ennuyeux) etc. J’utilisais ces mots de façon ironique, afin d’ajouter un peu d’humour pendant nos heures de travail. Un grand merci à ce “crazy and funny japonese man”.

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Je ne me suis pas éclaté qu’avec Haggy. J’ai aussi côtoyé Makiko et Aya, deux personnes travaillant au restaurant. Makiko est une franco-japonaise qui vit au Japon depuis un an maintenant. Nous avons pu parler français, non sans difficultés au début. Et oui, au bout d’un moment à se focaliser sur l’apprentissage d’une langue étrangère, on en finit par oublier sa langue maternelle. Il faut alors un moment pour que le cerveau refasse les réglages. Ceux que j’ai eu sur Skype ou au téléphone peuvent en témoigner. Makiko et Aya formait le duo jeune et dynamique du restaurant. Super moments passés avec elles.

Deux autres volontaires sont arrivés pendant mon séjour, un jeune couple d’Australie (Émily et Jona). Cela m’a rappelé mon court séjour dans cette magnifique contrée. Jona s’intéresse à la permaculture, encore un ! Et que dire de Hanae et Keiji. J’ai profité de chaque instant qu’il m’était offert avec eux.

Nous (le groupe de volontaires) avons eu l’occasion de participer à deux soirées organisées dans le restaurant. Il est courant que des groupes de personnes réservent le soir pour avoir un bon repas et passer la nuit sur la côte. Le restaurant a d’abord hébergé une soirée “promotion” de la cuisine locale organisée avec des cuisiniers de Tokyo. La soirée a été marquée par une débauche culinaire (plats gastronomiques avec vins biologiques français et italien). Très heureux d’apercevoir des étrangers, nous (Makiko et moi-même) avons été invités à partager un plat, quelques verres et surtout un tas de discussions amusantes.

La seconde soirée a été organisée pour un groupe de professeurs en séjour à Okinawa. Pour les mêmes raisons, nous (toujours Makiko et moi-même avec, cette fois, nos amis australiens fraichement arrivés) avons animé un peu plus la soirée. Ils étaient très curieux de savoir ce qui nous avait amené à venir ici, ce que l’on pensait du Japon etc. Bons moments.

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Et le travail dans tout cela ?!

En plus de Haggy, deux autres employés travaillent à la ferme. Kana a 20 ans et Kazu plus de 30 ans. Haggy encadre ces deux personnes et je suis arrivé en renfort pour travailler avec eux. Le soin des animaux prend l’ensemble de chaque matinée. Ce travail répétitif peut paraitre parfois ingrat. Pour autant, les tâches sont nombreuses et variées, donc pas de problème. Les circonstances ont fait que Haggy a été absent quatre jours en début de la seconde semaine de mon séjour. Keiji m’a alors totalement fait confiance et m’a donné la responsabilité de gérer le travail. J’ai saisi l’aubaine et me suis investi.

Je suis aujourd’hui capable de m’adapter et d’apporter rapidement. Je fais preuve de beaucoup d’envie dès que l’on me donne la possibilité de prendre des responsabilités et d’avoir de l’autonomie.

Nous avons fait une clôture, nettoyé le bâtiment des cochons, semé ou planté des légumes, récolté des ananas etc.

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Comme vous l’aurez compris, je ne garde que de très bons souvenirs de mon court passage à Canaan Farm. En d’autres termes : encore une bonne adresse.

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