Sur l’île de Kyushu, la ferme de Kazuhiro

Me voilà enfin au pied de Kuju, zone montagneuse la plus élevée de Kyushu. Je vais rester 10 jours en compagnie de Kazuhiro et Laïko à travailler à la ferme et à découvrir les environs. Jusqu’ici, j’ai eu la chance de côtoyer des personnes ayant un bon niveau d’anglais. Ce ne sera pas le cas avec Kazuhiro. Pour autant, cela ne m’empêchera pas de bien m’amuser et de réaliser des entretiens.

Kazuhiro et sa femme se sont installés il y a bien longtemps. Depuis toujours, ils vivent et travaillent en gardant les façons de faire traditionnelle et ce, pour deux raisons. D’abord, cela leur permet de ne pas oublier comment vivaient les générations précédentes. D’autre part, cela parle aux visiteurs, qui refont du lien avec un passé à la fois proche et éloigné. Proche d’un point de vue temporel. Éloigné tellement la rupture est grande avec la vie moderne. Ils retrouvent des choses simples et essentielles qui rythmaient la vie de leurs ancêtres. Cela va de la façon de construire sa maison, de la chauffer, de cuire ses aliments, de les produire, de vivre tout simplement.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Une ferme « traditionnelle » pour s’épanouir

Ses terres produisent du riz et des légumes. Kazuhiro possède aussi des canards et des poissons, qu’il utilise dans la gestion de l’enherbement du riz. Les jeunes poussins, ou poissons, sont lâchés dans les champs de riz inondés dès que la culture est suffisamment développée. Ils s’occuperont de grignoter les herbes, les insectes, tout ce qui dépasse. Le riz reste indemne car peu appétant. En plus de contrôler les mauvaises-herbes et les ravageurs, ces animaux fertilisent le riz et se nourrissent par la même occasion. Tout le monde est content, surtout Kazuhiro qui laisse les canards et les poissons travailler pour lui. La viande produite par les animaux est un plus, non négligeable.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

À chaque fin de saison de riz, les canards sont bien ronds et passeront l’hiver puis le printemps dans un enclos. Kazuhiro met alors des œufs de côté pour obtenir une nouvelle génération de canards. Ils travailleront pendant la prochaine saison de riz. Le surplus d’œufs produit est vendu. Par ailleurs, il abat des individus en fonction des besoins. La ferme héberge aussi une bonne diversité d’arbres fruitiers et du maraichage, qui fournissent fruits et légumes à la famille de Kazuhiro.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Finalement, seul le riz et les canards (oeufs et viande) garantissent une rentrée d’argent. En parallèle, le couple recourt grandement à la cueillette sauvage de jeunes pousses (bambous, bourgeons ou fleurs d’arbres, fougères, asperges sauvages etc.) pour ajouter de la diversité à des repas déjà très riches !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Vivre comme cela rend heureux Kazuhiro. Il prend conscience de la valeur de la vie. Il est toujours à observer les plantes et les animaux autour de lui, et passe son temps à interagir avec, par ses productions agricoles, par la cueillette sauvage et par les brulages.

Participation à la vie locale et accueil de visiteurs

Kazuhiro est très impliqué dans la vie de sa localité. Il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Il a un bon groupe d’amis agriculteurs (de son âge). Ensemble, ils ont crée un groupe pour avoir une image commune auprès des consommateurs. J’ai d’ailleurs interviewé deux de ses amis. Ce fut mes premiers entretiens en japonais et ils furent d’une grande qualité !

Kazuhiro s’entoure aussi d’une génération plus jeune. Ils impulsent une bonne dynamique à la région de Kuju. L’un d’eux appartient au centre d’informations touristique situé au pied des monts. Ce centre promouvoit le riche environnement « naturel » de la région : les monts, la pratique des brulages, les prairies naturelles, les zones de pâturage extensives etc. Il est vrai que Kuju, en plus d’être très joli, possède une riche faune et flore.

D’autre part, un organisme de sensibilisation a vu le jour récemment. Il est composé de six jeunes (trentenaires). Ensemble, ils cumulent des compétences dans la connaissance de la faune (cerfs, sangliers, oiseaux, insectes etc.) et de la flore (arbres, herbes, fleurs etc.) locale. Ils organisent  régulièrement des événements ainsi que des sorties.

La ferme contribue aussi à l’attractivité de la région en hébergeant des touristes.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les repas sont composés de plantes sauvages (bambous, pousses d’arbres etc.) et de produits de la ferme (canard et légumes). Ils sont caractéristiques des plats « traditionnels » de la région. Pour y avoir goûté au quotidien, je peux vous affirmer qu’ils sont délicieux !

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Du travail

J’ai participé à l’ensemble des tâches quotidiennes dont quelques unes que je n’ai pas abordé plus haut :

la préparation des rizières,

Ce diaporama nécessite JavaScript.

les plantations de pommes de terre,

Ce diaporama nécessite JavaScript.

la préparation du konaku : ce sont des tubercules réduits en purée et dilués dans de l’eau, le mélange se solidifie ensuite et donne une sorte de gelée qui nous faut cuire avant de consommer,

Ce diaporama nécessite JavaScript.

On s’est bien amusé malgré la barrière de la langue. Le séjour fut court mais, encore une fois, très agréable.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :