Shikoku en trois jours

Je quitte Wakayama matin 19 avril et dois maintenant me rendre chez Kazuhiro, dont la ferme est située dans la préfecture de Oita sur l’île de Kyushu. Regardant la carte du Japon, je me dis que ce ne serait pas bête de passer par Shikoku. Après tout, c’est sur la route. De plus, on m’a conseillé d’aller rencontrer un japonais travaillant sur la permaculture vivant à Kochi. Je me décide alors à traverser l’île de Shikoku.

Par la suite, il s’avérera que la personne de Kochi n’est pas disponible. Dommage. Pour le coup, j’organise mon séjour à Shikoku différemment et ne fera que du tourisme.

C’est parti pour Takamatsu (Shikoku)

Yohei (fermier de Kome’ichi, ferme de la préfecture de Wakayama) me dépose à la gare aux alentours de 10h samedi matin. J’ai passé un excellent séjour avec lui, les travailleurs et les WWOOFers. Encore une fois, j’ai eu un pincement au coeur en partant.IMG_1112

Je me rends sur Shikoku en utilisant le transport maritime. De Wakayama, je prends le ferry à 13h30 et arrive deux heures plus tard à Tokushima, ville côtière de l’est de Shikoku. Ensuite, je saute dans un train pour rejoindre Takamatsu, située à 1h30 de là, où je vais passer deux nuitées.

Comme à la maison dans la Guesthouse Chottoco-ma de Takamatsu

Takamatsu, plus grande ville de la préfecture de Kagawa, est située sur la côte nord de Shikoku. Elle abrite l’une des plus importante attraction de l’île : le parc japonais Ritsurin.

J’arrive samedi soir à 19h à la guesthouse. Elle est géré par un couple vraiment accueillant. J’ai eu l’impression d’avoir été invité à séjourner dans leur maison. Le hall d’entré est petit, comporte à la fois l’accueil, la salle à manger et la pièce de vie. Je vais dormir dans un dortoir en compagnie d’un australien et de deux japonais, puis un lillois la seconde nuit. J’ai passé deux soirées en compagnie de ce beau monde et du couple propriétaire de la maison. Chacun apportait son repas et une boisson, qui nous partageons tout en faisant connaissance. Des moments agréables et chaleureux.

Les propriétaires ont beaucoup voyagé par le passé (surtout le mari qui a fait tous les continents, sauf l’antarctique, en trois ans après ses études). C’est pourquoi, ils aiment découvrir le parcours des personnes qu’ils hébergent et échanger autour du voyage, des rencontres, de la nourriture etc.

Après une première nuit à peine reposante, je pars découvrir la ville et ses richesses. Je commence par longer le port de pêche puis arrive au marché du dimanche où, surprise, je vois un stand arborant le drapeau breton ! L’homme, originaire du pays évidemment, prépare ses galettes. Décidément, ils sont partout ces bretons.

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Je continue mon chemin et découvre une compagnie de bus locale, avec ses beaux dauphins sur les côtés.

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C’est alors que j’atteins ma première destination : le parc du château de Takamatsu. La forteresse n’est plus, il ne reste que les remparts et quelques portes. Toutefois, le parc est agréable. C’est un avant goût de ce qui m’attend à Ritsurin Garden.

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Je prends la direction du second parc. Pour se faire, j’emprunte la rue commerçante piétonne. Je n’ai pas fait de lèche vitrine. Par contre, j’ai acheté du pain perdu, que les locaux appellent “french toast”. Je les partagerai le soir même à la guesthouse.

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En fait, les japonais aiment la french touch. Ansi, les boulangeries-pâtisseries sont monnaie courante au Japon, tout comme du français sur les enseignes, les vêtements, les objets de tout genre. J’ai découvert une tasse à café arborant une phrase en français qui n’avait, mais vraiment, aucun sens. C’est comme si les mots avaient été mis bout à bout sans cohérence. Amusant. En ce qui concerne la boulangerie où j’ai fait mes emplettes, elle arborait une phrase d’accroche très kitch. L’ayant partiellement oublié, je ne vais pas pouvoir la retranscrire. En tout cas, elle m’a fait sourire.

J’arrive enfin à Ritsurin, parc où je vais déambuler et prendre des photos pendant plus de deux heures. Caractéristique du jardin à la japonaise, Ritsurin est aujourd’hui un bel espace récréatif. J’ai pris en photo le plan du site ainsi qu’un court texte explicatif du site en français. Il vous expliquera bien mieux que moi l’histoire de ce parc.

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J’ai pris une avalanche de photos du parc et de ses bassins. Pour le plaisir des yeux :

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Mon tour de Takamatsu se termine. J’ai vu le parc du chateau, le Ritsurin et la rue commerçante entre les deux. Sur le retour, je suis la ligne de chemin de fer. Elle me mènera directement à la guesthouse. Je découvre les petites rues de Takamatsu, qui ont leur charme comme le témoigneront les photos suivantes.

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À force de détours, je me retrouve face à un grand temple japonais. Quelle surprise tellement il est imposant et riche.

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Cerise sur le gâteau, le panneau de la boîte à lettre de l’office de police local.IMG_1407

Je rentre à 16h pile à la guesthouse. Je vais profiter de mon temps libre pour bavarder avec les proprio, manger un morceau et préparer la journée du lendemain. Il me faut rejoindre Yawatahama, ville portuaire de l’ouest de Shikoku, pour prendre le ferry pour Beppu, ville incontournable de l’île de Kyushu.

Je regarde chaque option qui s’offre à moi. Le train rapide, trop cher (vraiment cher!). Le train local, trop lent (vraiment trop lent!). Le bus, pas forcément attractif car ne va pas jusqu’à ma destination. J’avais comme première idée de faire de l’auto-stop. Et bien c’est ce qui va s’avérer potentiellement de plus simple et de plus rapide. C’est décidé, je tente ma seconde expérience d’auto-stop au Japon !

Visite imprévue de Mastuyama grace à un incroyable conducteur (merci l’auto-stop)

Je prends mes clics et mes clacs, saute dans le train de la station la plus proche, descends à l’arrêt suivant et me poste sur la grande voie qui mènent à Matsuyama, ville la plus grande de l’île située juste avant Yawatahama, ma destination. Il n’y a pas vraiment de place pour que les automobilistes s’arrêtent et beaucoup de circulation. Mais, je n’ai pas le choix, je dégaine mon pouce et ma destination écrite en japonais sur une feuille. J’attends 20 bonnes minutes avant qu’un automobiliste s’arrête. Je ne le sais pas encore, mais il va me rendre magique le trajet.

Comme j’avais pu le constater lors de mon premier essai d’auto-stop, les japonais sont tolèrent sur la route. En l’occurrence, mon conducteur s’arrête sur la voie à mon niveau, créant un mini-embouteillage derrière lui. Je m’étais pourtant positionné à proximité du parking de la supérette située derrière moi.

Il s’appelle Masafumi et parle un peu anglais, suffisamment pour avoir une conversation. Super, je suis au ange. Il fait de nombreux déplacements dans le cadre de son travail, dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres autour de Takamatsu. Nous entamons la conversation et faisons connaissance. Je lui explique le parcours qui est le mien depuis plus de dix mois et lui annonce mon programme pour les dernières semaines au Japon (travail dans des fermes, dans de nombreux pays, visites et balades par divers moyens de transports etc.). Après une heure de trajet, il appelle son patron et m’annonce qu’il me conduira directement à Yawatahama. Il travaillera demain. Dans la foulée, il me propose de visiter le Chateau de Matsuyama… Ils sont incroyable ces japonais. Comme il me dira, les japonais adorent les étrangers et souhaitent toujours les aider. Décidément, c’est un pays très hospitalier et chaleureux.

Pour vous le chateau ! Il est vraiment magnifique. Vous avez quelques photos avec mon bon conducteur.

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Nous reprenons la route pour rejoindre Yawatahama. Les paysages sont somptueux. Depuis Takamatsu, l’autoroute s’enfonce dans un paysage de collines verdoyantes. Sur la fin du parcours, elles sont de plus en plus raides et abritent de nombreux petits villages de style traditionnel. Les collines sont peuplés de deux types de végétations avec un teint vert différent. Les arbres sylvestres colonisent majoritairement les versants ouest des collines. D’autre part, ils ceinturent les collines à une altitude constance. La couleur de leur feuillage est d’un vert clair intense. Les pins colonisent les espaces restants et sont d’un vert plus foncé et profond. Magnifique mosaïque de vert !

Je n’ai malheureusement pas pris de photos du trajet car elles sont rarement réussi en voiture : mauvais cadrages, manque de netteté, imperfections dû à la vitre etc. J’ai préféré enregistrer ces images dans ma tête.

Après une heure, nous arrivons Yawatahama où nous mangerons un morceau avant que je prenne le ferry.

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Comme si ce n’était pas suffisant, Masafumi insiste pour m’offrir le repas. Je réussi à acheter quelques patisseries pour le café. Il ira encore plus loin en me payant la traversée en bateau. C’est la fois de trop, je lui dis que c’est trop, qu’il ne peut pas en faire autant. Rien n’y fait, il s’est décidé de m’aider. J’accepte et respecte son choix et le remerciera bien des fois. Chrétien, il m’offre un médaillon avec St Christophe, patron des voyageurs, en me quittant. Je vais le garder près de moi. Il symbolisera ce que fit Masafumi pour moi.

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Morale de l’histoire

“Offre sans rien demander en retour”. C’est la première leçon que je retiendrais aujourd’hui. Si vous attendez quelques choses en retour, alors vous n’avez pas offert. Vous offrez par intérêt pour votre personne.

“Ce que tu donnes te reviendras un jour”, seconde leçon de la journée. Comportez-vous et agissez avec votre coeur et amour, et la vie vous le rendra pour finir. Yohei (Kome’ichi Farm) l’a expérimenté. Au début, il en attendait beaucoup trop de son travail, et il n’était pas récompensé. Après quoi, il a changé et m’a avoué ne plus se soucier si les retours ne sont pas là. Il continuera d’agir tel qu’il a décidé d’être et de faire. Il est aujourd’hui soutenu et entouré.

Je ne saurais dire si ces deux citations s’appliquent à mon cas. Toujours est-il que cela ne peut me laisser indifférent.

A++ pour la suite !

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About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

5 responses to “Shikoku en trois jours”

  1. iMac Gilles et carole says :

    Merci pour ces photos et ces belles histoires humaines….
    Bonne continuation
    Carole et Roman (voisins de La Bouex)

    • terredinitiatives says :

      Merciiii beaucoup, il ne me reste que 4 semaines et je pense que je vais encore avoir beaucoup à raconter tellement mon programme est chargé 🙂
      A très bientôt à la Bouëx !
      Joachim

  2. David says :

    Je tombe sur ton blog par hasard.
    Content que Takamatsu t’ait plu.
    Petite anecdote: le Breton au marché est un pote à moi, il s’appelle Jean-Christophe, il est – je pense – le Français qui vit à Takamatsu depuis le plus longtemps (plus de 15 ans je crois).

    Sinon le chouette temple est en fait un sanctuaire du nom d’Iwaseo Hachiman-gu. Pour la petite histoire, il est le tout premier sanctuaire japonais que j’ai visité, il y a cinq ans maintenant.

    Et sinon, on a failli se croiser, j’étais au Sunport dimanche aussi pour un petit moment. 🙂

    Une question, pourrais-tu m’envoyer les coordonnées de la guest house, les gens me demandent parfois si j’en connais à Takamatsu et comme souvent quand on est un local, on peut conseiller plein de trucs, sauf les endroits où loger.
    Merci d’avance.

    • terredinitiatives says :

      Salut David,
      Très heureux de te lire ! Je savais que beaucoup de français aiment le Japon, pour sa culture traditionnelle mélangée au High-tech, la mode exubérante etc. Et j’ai été étonné de voir à quel point les japonais aiment la France, et les français. Le pays est magnifique et la population vraiment accueillante et chaleureuse.
      Marrant, on aurait put se croiser. Ils se croiseront peut-être dans le futur, qui sait. La Guesthouse est Chottoco-Ma. Proprio géniaux, ambiance famille.
      Bonne continuation,
      Joachim

      • David says :

        Les Japonais ont parfois une image un peu irréaliste de la France, mais ils l’aiment beaucoup effectivement.
        Merci pour l’info pour la guest house. J’ai regardé sur Google Maps, je vois exactement où elle est (à deux pas de l’ancienne école de ma femme et pas très loin de chez mes beaux-parents, je m’en doutais un peu en voyant les photos du port de pêche 🙂 )

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