Vie dans la nature de Shikigami

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Shikigami est le nom du site où vivent Dion (néo-zélandais) et sa femme Asako (japonaise). Ils habitent à l’extreme sud de la péninsule de Shizuoka, au milieu des collines. Je vais séjourner deux jours avec eux, après Kanda Natural Farm (préfecture de Yamanashi) et avant Kome’ichi Farm (préfecture de Wakayama).

Trajet en auto-stop

Cette fois-ci, je me lance et fais du “stop” pour aller à Shikigami. Au Japon, c’est facile. C’est, du moins, ce que l’on m’a toujours dit. Cela s’avère être vrai. Seul bémol, les japonais ne parlent pas anglais… Pour autant, je n’ai aucune difficulté pour annoncer ma destination, mais éprouve bien du mal à discuter une fois dans la voiture.

J’avais apprécié faire du “stop” en Australie car, en plus de faire des économies, c’est un excellent moyen de rencontre et d’échange. Maintenant que je suis au Japon, l’auto-stop est moins drôle car la communication est difficile. Je fis la route pour Shikigami grâce à ce moyen de transport et reparti en train. Quitte à ne pas parler, autant travailler pendant le trajet. Le transport ferroviaire s’avère être vraiment onéreux, surtout pour les grandes distances. Je vais probablement retenter l’auto-stop à l’avenir.

La vie à Shikigami

J’arriva le 6 avril et reparti le 8 au matin. Il me faudra 20 minutes à pied, chargé comme une mule, pour rejoindre la maison de Dion et d’Asako. Pour se faire, je quitte la route goudronnée et emprunte un chemin se faufilant entre deux collines. Il est sinueux, monte et descend, s’enfonce dans la forêt. Le seul moyen de rejoindre Shikigami est de marcher. Je vais suer et faire deux pauses. Je n’ai pas fait le malin avec mes 20 kg sur le dos.

Enfin, j’aperçois une maison entourée par la nature. Je rencontre Dion et Asako, qui prennent du bon temps au milieu des collines depuis plus de sept ans. Ici, le temps n’a plus d’importance. Ils vivent à leur rythme, prennent leur temps, s’adonnent à de nombreuses activités créatives (musique, art, lecture et écriture etc.) et productives (cueillette, jardinage, aménagement, coupe de bois etc.). Ils ont trois horloges qui ont arrêté de donner l’heure depuis un moment.

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Dion et Asako ont une vie simple, nécessitant peu de moyens. Ils auto-produisent ce dont ils ne peuvent se passer comme manger, se chauffer. Ils vivent d’une cueillette semi-sauvage de plantes de la forêt et du jardin. Pour le reste, ils louent leur terrain et payent leurs factures (électricité, sécurité sociale etc.). Dion donne 4 à 5 cours/formations par an afin de gagner de l’argent. Cela suffit pour apporter bonheur et liberté au couple.

Un espace semi-sauvage

Dion s’est longtemps intéressé à la permaculture et se forma en Australie. Puis, il rencontra une personne qui étudie les systèmes de vie anciennes chinoises. Il l’accompagna quelques années pour apprendre de son expérience. Cela l’enrichira considérablement. Puis il rencontra Asako à New York. Ensemble, ils décidèrent de s’installer au calme et avoir un mode de vie sain et paisible. Shikigami est le petit coin parfait pour que notre couple réalise leur rêve. Au milieu des collines et de la forêt, ils s’installèrent.

Dion souhaite s’intégrer dans son environnement. Pour cela, il perturbe le moins possible l’évolution spontanée du milieu. Il l’accompagne et l’oriente en fonction de ses besoins. Il considère que tout être vivant est utile, et doit-être utilisé. Il privilégie l’implantation de plantes comestibles pérennes ou vivaces (arbres, herbes etc.), qui nécessite peu d’entretien contrairement aux plantes annuelles que nous cultivons tant (légumes du jardin). Leur jardin possède aussi des pieds de tomates, patates, carottes etc.

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En plus de privilégier des plantes nécessitant peu de soin, Dion ne modifie que très peu les conditions du terrain. Au contraire, il le laisse s’exprimer et le peuplera avec ce qui y est adapté. Lorsqu’il décide d’introduire une nouvelle plante, il cherche d’abord un endroit propice à la nouvelle venue. Ensuite, il lui donne un coup de pouce. Par exemple, il coupe les plantes voisines régulièrement pour qu’elles n’étouffent pas la nouvelle arrivante. Un fois bien implanté, il n’apportera que très peu de soin et se contentera de prélever la nourriture produite.

Leur jardin s’est composé d’une mosaïque de milieux différents avec, pour chacun, son lot de plantes comestibles. Elles se développent où les conditions leurs sont favorables et vivent en harmonie. Chacune tient sa place et garantie le bon fonctionnement de l’ensemble.

En milieu humide, des plantes comestibles aquatiques ou semi-aquatiques

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À l’ombre, des champignons

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Le bambou sur la pente, pour les jeunes pousses (comestibles)

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Comme le résumera Asako : “finalement, nous régulons les plantes devenant “envahissantes” en prélevant leurs parties comestibles, pour les manger”. Manger est devenu la meilleure façon d’entretenir leur jardin !

En deux jours

J’ai aidé Dion et Asako dans quelques tâches. Avec Dion, nous sommes allés ramasser du bois un matin. Pour se faire, il nous a fallu marcher cinq bonnes minutes dans la forêt. Nous avons alors sélectionné des branches que nous avons coupé en morceaux de 30-40 cm, puis dispositionné dans deux cagettes. Dion les porta sur son dos au retour.

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Avant manger, nous récoltons des plantes sauvages dans le jardin dont du liseron des eaux. Asako les cuisina le soir même avec bon nombre d’autres plantes sauvages. Au menu : tiges, feuilles, fleurs etc. cuisinés ou crus. Bien entendu, ces mets étaient accompagnés d’un plat de riz, de quelques légumes et de champignons. Les plantes sauvages sont généralement riches et concentrées. Il faut donc les manger en quantité mesurée et laisser son corps s’habituer à cette nouvelle nourriture. Ce fut d’excellents repas !

NB : Sur Terre, il y a plusieurs dizaine de milliers de plantes comestibles et nous produisons seulement une dizaine en très grande quantité. C’est dommage de ne pas utiliser ce que nous avons sous la main, qui est gratuit et prolifère spontanément.

S’intégrer et faire participer

Dion tient à faire venir autant de monde que possible à Shikigami. Il organise des ateliers de “remise à l’état sauvage” de jardin, découverte des plantes sauvages comestibles etc. Il donne quelques astuces pour construire un jardin conciliant plantes productives autochtones (originaires du milieu), plantes introduites et plantes comestibles sauvages qui se développeront spontanément. En plus de cela, ces ateliers lui permettent d’interpeller indirectement la population japonaise sur le mode de vie moderne.

Mon séjour fut court en leur compagnie. pour autant il fut l’un des plus enrichissant de part l’originalité et la rareté de leur approche. Il me faut repartir pour rejoindre Kome’ichi Farm.

À bientôt pour plus de nouvelles,

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About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

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