Cinq jours à Indore

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Avant de rejoindre la ferme de Dewas, j’ai fait une halte chez Ajay Dayma à Indore. Prem, l’agriculteur qui m’avait hébergé à Banda, m’a conseillé de rencontrer cette personne et de passer quelque temps avec lui. Je pensais rester deux jours à Indore et finalement j’ai passé cinq jours en la compagnie de la famille d’Ajay.

J’ai profité de ce moment pour régler quelques affaires. J’ai acheté pas moins de huit livres sur des agricultures alternatives en Inde. Etant déjà bien chargé, j’en ai envoyé cinq en France. Il me reste trois livres à déguster. J’ai aussi envoyé un disque dur avec toutes mes interviews filmées d’Australie. Ainsi, nous (l’association) allons commencer à valoriser les informations récoltées. Enfin, je suis maintenant en la possession d’une Kurta, vêtement traditionnel indien, trop classe le mec.

Bien entendu, je n’ai pas fait que cela en cinq jours ! J’ai passé une journée à découvrir la ferme d’Ajay (en dehors de Indore), puis une autre à visiter celle de son père. Pendant mon séjour, nous avons eu l’occasion de parler sur la « coexistence », concept né de M Nagraj. Jeevan Vidhya est le nom du groupe de personne diffusant les enseignements de M Nagraj dont Ajay fait partie. Il a passé cinq jours à m’expliquer ce concept. Nous avons profité pour échanger nos points de vue sur notre compréhension de la vie, de la nature, de l’existence de l’homme etc. Pfiou, autant dire que nos échanges étaient intellectuels et enrichissants.

La ferme, un espace de vie

Ajay a acheté un ancien site d’extraction du jus de canne à sucre avec son lot de terre (environ 10 ha) il y a plus de six ans. Depuis, il consacre son temps à créer un lieu épanouissant, riche et diversifié. Il a pour objectifs de produire des aliments biologiques et à de construire un centre d’éducation sur la coexistence et l’agriculture. Pour cela, l’ancienne usine convient totalement car elle comporte un grand terrain avec de nombreux bâtiments. Il y a suffisamment d’habitations pour aménager une maison, un lieu d’hébergement pour les invités, un espace d’enseignement tout en ayant des bâtiments agricoles (étables, ateliers, hangars etc.).

Concernant l’espace agricole, il a aujourd’hui une trentaine de bovins produisant du lait et de la matière fertilisante. Un méthaniseur valorise les matières fécales et permet de produire du gaz domestique en quantité suffisante. Après la fermentation du digestat, Ajay peut utiliser la matière fécale pour fertiliser ses terrains. Chouette le méthaniseur !

La ferme comporte un petit jardin dédié à l’autoconsommation, puis des cultures maraichères, des grandes cultures et des cultures fourragères. Il y a de quoi nourrir du beau monde. Ajay a pour objectif de produire une alimentation riche et variée pour sa famille et ses amis. Il ne vend pas ses produits sur le marché, il a préféré créer un réseau local de distribution auprès de ses proches.  Ainsi, il maitrise le prix de vente qu’il ajuste en fonction de ses charges de production. La marge est toujours la même et reste raisonnable pour garantir un prix juste pour le producteur et le consommateur.

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Pareil pour son papa

J’ai aussi visité la ferme du père d’Ajay. Elle est basée sur l’agroforesterie, c’est-à-dire sur la production simultanée (en même temps sur la même zone) d’arbres (fruitiers ou non) et de cultures (céréales, légumes, etc.). Cette technique agricole est un excellent moyen de diversifier une ferme et de créer un écosystème s’autorégulant.  Cela permet notamment de mieux gérer la fertilité du sol, les attaques d’insectes etc.

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Mais que produisent-ils en Inde ?

La liste de cultures est longue. Je ne vais pas me lancer dans le recensement de toutes les espèces (surtout concernant les légumes !) mais je vais tâcher de vous énoncer les principales :

–       Pour les arbres fruitiers, nous avons les bananas, les goyaves, les papayes et les mangues.

–       Pour les grandes cultures : riz, blé, pois chiche, toutes sortes de pois et d’haricots, millet etc.

–       Pour les cultures maraichères : tout comme chez nous (haricots, pomme de terre, tomates etc.) avec en plus piments et divers épices etc.

–       Pour les cultures fourragères : sorgho, maïs, grandes herbes, arbres légumiers etc.

Pourquoi les vaches sont si importantes en Inde ?

Comme vous le savez maintenant, les vaches ne produisent pas uniquement du lait, elles font pipi et caca. Les indiens utilisent la vache car elle nourrit la terre (fertilisation) et elle prend soin de l’Homme (production de lait qui est utilisé pour la nutrition, la médecine etc.). La vache fait partie de la famille. Elle vit avec les agriculteurs. Ainsi, ils ne se débarrasseront jamais des animaux improductifs (vieilles vaches, mâles). La présence des bovins est la condition incontournable pour une production alimentaire pour l’indien.

Ce fut cinq jours agréables en compagnie d’Ajay et de sa famille. Il vie en compagnie de ses parents et sœurs (tous voisins). J’ai fait le tour des maisons à discuter et déguster la culture indienne. Excellent ! Il me faut maintenant rejoindre Deepak Suchde à Dewas (130 km d’Indore) pour découvrir Natureco Science. Il me reste seulement cinq semaines en Inde et cela s’annonce dense !  Ça va finir comme en Australie, à fond les ballons.

A bientôt !

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About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

3 responses to “Cinq jours à Indore”

  1. Courcoul's family says :

    Hugo préfère les vaches d’Australie, il les trouve plus belles…Là, en Inde, il ne les trouve pas très très belles…Autre question d’Hugo : as tu pris une salle de traite en photo? En tout cas, toujours aussi contents de te lire. On pense tous les 5 beaucoup à toi.

    Amélie and Co

  2. Marilyne says :

    tes articles sont toujours ausi passionnants, beaucoup de motivation et de dynamisme!!! Je suis très étonnée de la conscience et du respect que ces fermiers ont vis à vis de notre terre !!! de belles leçons ….

    • terredinitiatives says :

      Bonjour Marilyne,
      J’ai très légèrement pris de retard pour te répondre. Un grand merci pour votre suivi et pour les nombreux commentaires chaleureux. En effet, je rencontre beaucoup de personnes aux parcours atypiques. Il y a tant à apprendre de leurs expériences et cela donne beaucoup d’idées.
      Bonne année 2014,
      Joachim

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