Première rencontre bonus en Inde

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Nous sommes partis d’Almora (notre première ferme en Inde) jeudi matin pour rejoindre Lal Kuan, ville où nous prendrons un train pour rejoindre notre prochaine étape. Raju appelle ses contacts pour trouver quelqu’un pour nous héberger à Lal Kuan et c’est chose faite.

Après une journée de trajet, nous arrivons chez M Bhatt, gérant d’un commerce dans le bâtiment et le foncier. Il possède aussi une petite ferme familiale à Lal Kuan pour son plaisir personnel. En effet, il est issu d’une famille de paysans, aime les animaux et l’agriculture. Il a alors entrepris de faire une formation sur la production laitière dans le centre de recherche et d’éducation gouvernemental de la ville. Cette formation est basée sur les dernières technologies issues de la science de l’agriculture.

Il était très heureux d’accueillir des étrangers et de parler de sa passion pour l’agriculture. Il a à cœur d’aider les agriculteurs locaux à vivre mieux. Pour cela, il compte les aider à s’approprier les techniques modernes pour produire plus. M Bhatt nous a proposé de faire la visite des alentours et de l’université agricole le vendredi matin, avant notre départ en train. Oh yeah avec grand plaisir !

La ferme et le village

M Bhatt possède deux vaches dont une en production. Elles sont nourries aux fourrages et aux concentrés issus de la ferme. Malgré tout, l’agriculteur achète quelques compléments pour équilibrer la ration. Chaque matin, une personne va récolter de grandes herbes qui poussent sur les bordures des champs. Toutes les parties végétales de la plante sont riches, les agriculteurs coupent donc l’herbe en morceaux (à l’aide d’une machine) pour que l’animal mange la totalité. Ensuite, M Bhatt a à sa disposition du foin d’avoine légèrement fermenté (sorte d’enrubannage). Pour ce qui est du concentré, il existe plusieurs recettes pour complémenter l’animal. Il y a d’abord  un mélange de graines aplaties (céréales et protéagineux). Le paysan peut aussi cuisiner une sorte de soupe de céréales, lait et autres ingrédients.

M Bhatt produit des cultures fourragères et céréalières pour la plupart en agroforesterie. La présence de la plus grande industrie du papier d’Inde dans la région fait que bon nombre d’agriculteurs ont des parcelles de peupleraies. Ces champs sont conduits en coproduction. Lors de la période de défoliation, les paysans produisent des céréales et des fourrages en dessous. Ensuite, la zone est laissée telle quelle. Dans les champs sans arbres, les agriculteurs produisent du riz, de la canne à sucre et des céréales.

Nous avons visité le village avec un grand intérêt. Nous avons découvert une agriculture de petite échelle. Les fermes sont de faibles surfaces, comprennent une ou deux vaches laitières, une production fourragère pour nourrir le bétail, une production vivrière pour nourrir les paysans et parfois des cultures de rentes pour rapporter des sous (canne à sucre, blé, riz etc.). Comme nous a expliqué M Bhatt, l’agriculture n’est pas une occupation assez rémunératrice pour faire vivre la famille. Le paysan a donc souvent d’autres sources de revenus à l’extérieur de sa ferme.

Chaque famille a un méthaniseur pour produire son gaz domestique ! Cet outil permet de valoriser les gaz issus de la décomposition des matières fécales animales. Il est placé à côté de la plateforme d’alimentation des animaux.

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L’université

Ensuite, nous avons visité l’université agricole gouvernementale. Cet espace est à l’extrême opposé de ce que nous venions de voir. Elle abrite un centre de recherche et d’éducation sur tous les aspects de l’agriculture : la culture, l’élevage, la production laitière, piscicole etc.

Ce centre est la vitrine de ce que représente l’agriculture moderne : les parcelles sont immenses et dénudés d’arbres, les productions sont intensives, le recours à la mécanisation et aux intrants chimiques sont généralisés etc. C’est bien différent du village voisin où l’agriculture est de petite échelle et où la main d’œuvre est omniprésente etc. Pour autant, on y voit l’influence de la révolution verte avec les tracteurs et les races laitières croisés Prim’Holstein ou Jersey etc.

Ce centre m’a laissé une impression très partagée. M Bhatt dit que l’université travaille pour augmenter la productivité agricole en utilisant les technologies modernes et ainsi aider les agriculteurs. Cela est vrai. Cependant, ce centre diffuse aussi des techniques qui consomment de l’énergie et rend dépendant les paysans dans l’usage important d’intrants. En effet, les semences sont à acheter tous les ans, tout comme les fertilisants chimiques et les produits phytosanitaires. Certains produits de protection de plantes utilisés en Inde sont interdits en Europe tellement ils sont dangereux. Les techniques modernes permettent de produire plus mais à quel prix ?

L’intérêt de l’augmentation de la productivité est donc plus que discutable pour l’agriculteur. Par contre, elle sert indéniablement  les intérêts des industries occidentales telles que Syngenta, Monsanto et autres organismes à « œuvres caritatives ». J’ai d’ailleurs vu une voiture de Syngenta.

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M Bhatt souhaite aider les agriculteurs à vivre mieux et il devra veiller à utiliser les techniques modernes dans une juste mesure. Il semble être très alerte et fera de son mieux pour permettre aux agriculteurs locaux d’augmenter leurs revenus. J’en profite pour remercier M Bhatt et à sa famille pour leur accueil et pour tout ce qu’ils nous ont apporté. Nous avons passé un délicieux moment en leur compagnie et nous espérons revivre ce genre d’expérience !

A bientôt les copains,

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Galerie Photographique

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About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

One response to “Première rencontre bonus en Inde”

  1. Nicole says :

    Bisous Joachim Je suis avec beaucoup d’intérêt ton voyage Quel dépaysement et quel enrichissement! Merci de nous en faire profiter! Gros bisous Nicole

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