Sunshine Coast Permaculture Research Institute

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Je suis arrivé à mon avant dernière étape en Australie mardi 2 septembre, jour de la rentrée scolaire française. Mon passage à Crystal Waters a été rapide et intense. J’ai de la matière à valoriser ! 

Je suis maintenant à Kin Kin chez Zaia et Tom Kendal. Ils ont une ferme de quelques hectares en permaculture où ils donnent des formations sur des sujets variés (de l’introduction à la permaculture à l’application de techniques spécifiques). Leur système de production est diversifié et leur permet de produire une grande partie de leurs besoins tout en accueillant un nombre important de volontaires (WWOOFers, stagiaires). Ainsi, la ferme héberge régulièrement cinq personnes afin, d’une part, de travailler sur la ferme, et d’autre part, d’avoir un lieu de vie communautaire vivant et actif.

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Une ferme de petite taille et vivante

Avant d’acquérir cette ferme, Tom a possédé une exploitation de plusieurs milliers d’hectares avec un troupeau de brebis dans l’ouest australien. Cette ferme de grande envergure lui a demandé beaucoup trop d’investissement en temps et en argent. C’est pourquoi il a décidé de changer de mode de vie. En effet, il s’activait constamment sur sa ferme, y travaillait beaucoup pour un revenu modeste et voyait rarement du monde.

Aujourd’hui, il vit à l’opposé de ce qui fut. Il consacre son énergie sur une faible surface, avec des activités variées en lien avec d’autres personnes. Il a décidé de se réapproprier son travail et son mode de vie. Pour cela, il considère qu’il est important d’être maître de ses prises de décisions. L’indépendance vis-à-vis de l’extérieur devient alors un prérequis pour répondre à ce besoin. Il cherche aujourd’hui à répondre à ses besoins et à être polyvalent (être capable de faire soi-même un maximum d’activités de la vie). Il ne gagne pas plus d’argent qu’avant, mais il en dépense beaucoup moins et a beaucoup plus de temps libre pour partager, enseigner et prendre des vacances.

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Il est certes difficile de partager son travail car, lorsqu’on délègue, le travail n’est pas toujours fait comme on le voudrait, ou plus lentement etc. Cependant, le fait de vivre à plusieurs lui permet de travailler sa patience, de donner l’opportunité aux bénévoles d’apporter leurs touches personnelles et d’échanger sur ce que nous faisons. Tom voit cela comme un moyen de se développer et de s’améliorer à l’intérieur comme à l’extérieur. Le fait d’échanger est aussi la meilleure façon de prendre du recul sur ses choix et actes (on s’entend parler) et d’accéder à la connaissance des autres, qui ont un vécu des expériences différentes.

Zaia s’occupe du website de la ferme (écriture d’articles) et Tom est souvent occupé à donner des formations sur sa ferme ou ailleurs. Ils accueillent donc des bénévoles et des WWOOFer pour s’occuper des tâches quotidiennes de la ferme. Les volontaires long-terme sont familier avec la ferme, ils peuvent gérer les activités courantes et accompagner les WWOOFers dans leurs tâches. En échange, Zaia et Tom proposent aux volontaires de participer gratuitement aux formations qu’ils donnent après une certaine période de travail. C’est un échange de services sur du long-terme. Pour ma part, je vais rester moins de deux semaines, je ne vais donc pas avoir accès à ces privilèges. Par contre, je vais profiter de cette courte période pour découvrir et comprendre le fonctionnement de leur ferme.

La fertilité par la diversité

Revenons maintenant sur la ferme. Tom et Zaia ont deux vaches laitières dont ils transforment le lait (crème, beurre, fromage frais etc.). Il y a aussi une bonne vingtaine de poules pondeuses de toutes races, apportant ainsi œufs et viande. Des oies et canards complètent la population de volailles présente sur la ferme. Enfin, trois chèvres accompagnées de leurs chevreaux pâturent une partie des prairies. Il y a aussi un jardin et une « food forest ». La food forest est une forêt comestible composée d’arbres fruitiers, de légumes et de plantes sauvages comestibles. Elle a pour objectif de créer un système qui s’entretient et se régule de lui-même. On trouve donc un nombre important de fruits et de légumes autoproduit sur la ferme.IMG_3961

Les animaux pour l’homme et les plantes

Tom considère qu’il est important d’avoir une diversité de production afin d’entretenir le système de production avec de moindres intrants. Les ateliers d’animaux permettent de produire lait, œufs, viande que nous consommons. Ils apportent aussi des fèces et de l’urine (sous-produits) que nous utilisons pour entretenir la fertilité du jardin (via le compost). C’est pourquoi, Tom laisse les animaux en bâtiment la nuit, ainsi nous pouvons récupérer les bouses et les fientes au petit-matin. Les déchets alimentaires (épluchures et autres) et les fèces alimentent le compost régulièrement.

Il existe plusieurs types de compost, qui se décomposent plus ou moins rapidement et dont la composition finale varie. Ainsi, il y a un compost en aérobie (à l’air libre : présence d’oxygène) de 18 jours, un autre de 45 jours. Il y a aussi un autre type de compost en baril. Il est plus liquide et se transforme en absence d’oxygène (anaérobie). La composition finale est bien différente. Ils sont tous complémentaires et permettent d’entretenir la fertilité du jardin et du verger. Depuis peu, la ferme possède un bio-digesteur (méthaniseur) pour produire du gaz à usage domestique et du compost pour le jardin.

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Les plantes pour l’homme et les animaux

La ferme comprend aussi une production végétale (fruits et légumes). Ces plantes valorisent le sol et les déchets des animaux pour produire nos aliments. Le jardin est structuré en terrasses comportant de nombreux lits de semailles. Chaque lit comporte en son sein un ou deux type de plantes (légumes, fraisiers etc.) et il y a généralement des plantes de compagnonnage qui les entoure afin de maintenir et consolider le lit.

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Il existe de nombreux microclimat dans le jardin grâce aux terrasses et aux murs qui les consolident. Ainsi, nous mettons au pied du mur des plantes qui aiment l’ombre et l’humidité (il y a souvent une légère dépression au pied du mur, créant ainsi un espace plus humide). Ensuite, les plantes de production colonisent le milieu de la terrasse. Enfin, nous mettons des plantes qui aiment la chaleur et un sol sec sur la bordure, proche du versant du mur. En effet, ce dernier créé un environnement particulier qui convient très bien à des plantes aromatiques.

Le jardin

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Faire un maximum de liens

Les activités sont parfois entremêlées. Par exemple, il y a un poulailler au milieu du jardin. Ainsi, lorsque nous désherbons le jardin, nous jetons les mauvaises herbes aux poules qui se font une joie de les éliminer. Tom utilise aussi un poulailler mobile (cage de 8 m²) pour nettoyer et fertiliser le sol pour ensuite y implanter un nouveau lit de semailles. Dès que les poules ont bien fait leur travail, nous déplaçons le poulailler mobile sur un nouvel emplacement. Les poules seront aussi utilisées dans la food forest lorsqu’elle aura atteint sa maturité. Elles permettront de l’entretenir (manger les parasites et insectes et les graines).

Les poules n’ont donc pas seulement pour objectif de produire des œufs et parfois de la viande, elles participent activement à la gestion du jardin, du verger et de la food forest.

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Tom compte aussi mettre en place une haie d’arbres et arbustes qui produiront du fourrage pour les animaux (vaches et chèvres). Cette haie sera placée le long des chemins et autour des champs. Elle sera  protégée des animaux par une clôture grillagée. Ainsi, Tom n’aura qu’à couper des branches dans l’espace de la haie, puis à les jeter par-dessus la clôture et les animaux n’auront qu’à se servir.

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Gérer la ressource eau

La tâche la plus représentative de l’enjeu « eau » a été la construction d’une clôture. Pour planter les piquets, il est impossible de les enfoncer. Il faut creuser des trous dans le sol. En effet, le sol est composé d’argile que le climat sec a rendu totalement dur et imperméable. Lorsque vous creusez un trou, vous pouvez imaginer que le sol a de nombreuses difficultés pour infiltrer l’eau. Cela est d’autant plus vrai que le paysage australien est vallonné, l’eau a donc tendance à ruisseler, emportant tout sur son passage (eau, débris végétaux etc.). C’est pourquoi, de nombreux agriculteurs construisent des digues, talus, rigoles afin de ralentir le flux d’eau et d’en stocker une partie dans des étangs artificiels. Ainsi, l’eau a le temps de s’infiltrer pendant la saison des pluies et les étangs permettent d’utiliser le stock lors de la saison sèche (8 à 9 mois de l’année !).

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La ferme est située dans une cuvette. L’eau afflue des versants des collines vers la ferme, place centrale de la cuve. Tom a donc décidé de construire une digue d’une hauteur impressionnante (plusieurs dizaines de mètres de haut) afin de contenir l’eau de la saison humide et de créer un étang. En parallèle, deux couloirs ont été creusés sur les versants des collines pour l’alimenter. Lorsque la pièce d’eau est remplie, le surplus s’échappe par le chemin vers la ferme, c’est-à-dire le bas de la vallée. Pour rappel :

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En plus des couloirs et de la digue pour contenir l’eau, Tom a organisé le jardin en terrasses. Les terrasses font aussi partie des aménagements incontournables pour limiter le ruissellement et augmenter l’infiltration de l’eau. D’ailleurs, nous avons construit un mur en sec (pierres empilées les unes sur les autres sans liant) pour en renforcer et en maintenir une. Entre aller chercher les pierres dans le lit de la rivière, les ramener au pied du muret, commencer à les empiler, nous avons passé des journées pour faire un petit morceau de mur. Mais le résultat a été convaincant !

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Un petit mot sur le quotidien

Le réveil est à 6h (lever du soleil). Nos premières taches consistent à s’occuper des animaux. Nous nous répartissons en trois groupes : le premier réalise la traite, le second nourrit les poules et le dernier prépare à manger. Pour ma part, je me suis souvent consacré à la gestion des vaches, c’est bien plus rigolo !

Cliquez sur le lien suivant pour me voir traire !

https://www.dropbox.com/s/6bfkuher7kf4jwv/Traite%20des%20vaches.wmv

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Pendant la journée, nous nous occupons de mettre en place de nouvelles infrastructures (mur, clôture etc.). Nous passons régulièrement du temps pour ramasser des mûres, fraises, citrons, oranges etc. et des salades, petits pois etc. Il nous faut aussi récolter des plantes fourragères sauvages (branches et herbes) pour compléter la ration des animaux. L’objectif est de recourir en priorité à toutes les ressources locales avant d’acheter un aliment onéreux.

En fin de journée, nous trayons les vaches une nouvelle fois et nous enfermons les poules.

D’autre part, nous nous sommes attelés à la transformation de produits de la ferme. Ainsi, nous avons fait du pain et du fromage ! Quelques photos pour illustrer cela.

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Les paysages de la Sunshine Coast

Ah j’oubliais ! Nous sommes allés à Noosa, ville côtière la plus réputée de la sunshine coast, pour le départ de deux internes. Nous avons profité de la plage et d’un bon barbecue toute la journée.

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Nous avons aussi eu un invité de dernière minute !

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En ce qui concerne les animaux sauvages rencontrés sur la ferme :

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Juste avant mon départ, nous avons décidé de grimper en haut de la colline surplombant la ferme. Après 20 minutes de marche, nous avons pris quelques photos mémorables que je tiens à partager.

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Un mot sur l’entretien

J’ai réalisé une interview d’1 heure 30 avec Tom et des WWOOFers. Tom était très heureux de parler de ce qu’il fait ici. Il donne régulièrement des formations sur la permaculture et sur des questions techniques telles que les méthodes de compostage, la gestion de la fertilité et des bio-agresseurs, sur les outils pour produire de l’énergie etc. Nous avons appris beaucoup et j’ai hâte de partager cela avec vous. Ce court article vous apporte un aperçu de la ferme et je compte bien vous en dire plus dès que l’entretien sera traité.

Actuellement, je rédige un article pour présenter les principes de la permaculture. Cet article vous permettra de faire le lien avec le fonctionnement des fermes que je visite.

Sur ce, et sans transition, à bientôt !

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About terredinitiatives

Terre d’initiatives est une association fondée par des ingénieurs en agriculture. Elle a pour objet d’apporter un soutien technique et financier à des projets de voyage sur des thèmes de l’agriculture. Ces projets doivent donc être centrés sur la rencontre d’hommes et de femmes proposant de schémas de production et/ou de développement agricole innovants, originaux et plus globalement durables (sains, viables et équitables). Ces projets doivent être à l’initiative de jeunes diplômés ou de jeunes actifs issus d’écoles d’ingénieures en agriculture. Il est préférable qu’ils soient portés sur un voyage à l’Internationale et qu’il y ait des retombés locales (communication auprès de partenaires agricole français). Les membres du bureau sont : Joachim Duté (président) Lise Luczak (vice-présidente) Alexandre Vaillant (vice-président) Antoine Pineau (chargé de communication) Anaëlle Duté (trésorière)

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